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La migration hivernale

Balbuzard pêcheur en vol

On y est, c’est le moment pour les oiseaux migrateurs de se préparer pour leur grand voyage. Ceux-ci ont pu profiter du printemps et de l’été pour élever leurs jeunes, ainsi que des jours longs avec une température agréable de la saison estivale. C’est désormais un grand périple de quelques milliers de kilomètres pour certains qui les attend. La majorité va rejoindre la chaleur des pays du « Sud » pour y passer l’hiver et d’autres vont arriver chez nous !

Le grand départ de la migration

C’est en automne que la plupart des oiseaux migrateurs nichant en Europe s’en vont !  Ceux-ci ont en quelque sorte une horloge interne qui leur dit quand partir. C’est en fait une hormone, la mélatonine qui en augmentant, déclenche le départ. Pour la majorité des espèces, le moment du départ sonne lorsque leur habitat n’est plus assez riche en nourriture, que le climat devient trop rigoureux et/ou que la durée du jour par rapport à celle de la nuit diminue.

Il est important de savoir que tous les oiseaux ne sont pas migrateurs. En effet, certains sont sédentaires et d’autres migrent partiellement. Le Moineau domestique par exemple, trouve de la nourriture dans nos villes et villages en abondance, donc pour lui, la migration devient inutile, il est donc très sédentarisé. A l’inverse, le Balbuzard pêcheur va mettre 40 jours pour atteindre sa zone d’hivernage, c’est donc un grand migrateur !

Dans un premier temps, chaque individu devra faire des réserves qu’il va stocker en graisse et en muscle afin d’être plus vigoureux. Certains peuvent doubler leur poids! Cette période dure environ deux semaines. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces oiseaux ont un plan de vol dans la tête inscrit dans leurs gênes depuis des générations ! Ils choisissent leur altitude en fonction de la météo, volent en fonction du vent et de la température. Sachez aussi qu’ils ont une sorte de boussole interne qui leur permet de s’orienter !

Pour la Huppe fasciée, le départ en migration post-nuptiale est précoce : dès le mois d’août, des attardés pouvant être observés jusqu’en octobre.

Les retours sont à prévoir au printemps, beaucoup arrivent fin mars. Sachez tout de même que chaque individu est différent, même au sein d’une même espèce, certains arriveront plus tard que d’autres, on observe des retours jusqu’à la fin du mois de mai.

Huppe fasciée au sol

Mais où vont-ils ?

La plupart des individus quittant l’Europe pour l’hiver vont en Afrique, beaucoup au Maghreb mais certains vont jusqu’à traverser le Sahara pour rejoindre les tropiques et même l’extrême-sud ! Il existe bien évidemment de nombreuses exceptions comme le Pouillot verdâtre par exemple qui lui va en Asie. C’est une migration qui emprunte des axes complètement différents. Nous avons aussi des oiseaux qui restent en Europe. Ils descendent seulement jusqu’au sud de l’Espagne comme certaines Cigognes blanches, dont une partie de la population a été sédentarisée par maintien en captivité et suppression de l’instinct migratoire. C’est la raison pour laquelle on peut en voir l’hiver en Europe. Cette sédentarité a été favorisée par un réchauffement global du climat donnant des hivers plus doux et par l’existence de centres d’enfouissement techniques où les oiseaux trouvent une nourriture artificielle qui leur convient tant bien que mal et leur permet donc de survivre.

Sachez de plus que d’autres espèces comme certains échassiers et anatidés hivernent chez nous en France, le climat y étant doux et adapté ! Ces derniers descendent ainsi de l’Europe du Nord et de l’Est. Certains Faucons émerillons par exemple, dès octobre, vont quitter la Scandinavie et l’ouest de la Russie pour hiverner en Europe Occidentale et jusqu’au nord du Sahara.

Pour échapper à l’hiver arctique rigoureux, les Pinsons du nord quittent leur site de nidification dès que les jeunes sont émancipés.

Faucon hobereau en migration

Le grand voyage

Durant leur voyage, ils seront confrontés à de nombreux dangers, c’est d’ailleurs la période où la mortalité est la plus élevée. Le climat peut aussi être redoutable : un oiseau marin peut, durant son périple, rencontrer de nombreuses tempêtes, un passereau peut se retrouver désorienté à cause du vent… Et bien sûr le facteur humain avec les lignes électriques, la pollution, les déchets en mer, la chasse, les chiens, les chats, etc…

Un tel voyage ne s’accomplit pas sans pauses. Certains oiseaux, comme les martinets, font à peu près 100 km par jour, et d’autres ont un record de 300 km à 600 km par jour ! Naturellement ils doivent s’arrêter pour se reposer et surtout pour trouver de la nourriture. Les oiseaux qui se nourrissent d’insectes, passent plusieurs heures à leur recherche. Par mauvais temps, et surtout dans le brouillard, ils doivent s’arrêter dans un endroit quelconque quelques jours et ainsi poursuivre leur voyage pour l’Afrique tropicale, pendant plusieurs mois ! Leur séjour dans leurs quartiers d’hiver ne dure que quelques semaines, après quoi ils se préparent au voyage de retour vers leur lieu de nidification.

Les distances parcourues dans leurs migrations sont incroyables. Les Faucons hobereaux, qui volent jusqu’en Afrique du Sud, parcourent 10 000 km au printemps de même en automne pour le retour ! Grâce à l’instinct de couver, le retour vers les nids est généralement plus rapide!

Certaines espèces volent en nuées qui obscurcissent le ciel. Mais beaucoup de petits oiseaux volent individuellement, ou en petits groupes qui passent inaperçus. Certains comme les corvidés migrent de jour, d’autres comme les hirondelles, voyagent surtout de nuit. Tandis que d’autres ne marquent pas de préférence.

Parmi les oiseaux qui volent en groupe, certains affectent des formations particulières, par exemple en V ou en lignes obliques, ceux de devant brisant l’air pour ceux qui suivent, les oiseaux se relayant dans le rôle de conducteur.

Les oiseaux voyagent à des altitudes diverses, allant de 30 à 100 mètres pour la plupart des rapaces. Cela peut évidemment varier selon s’ils ont à franchir une montagne par exemple.

Grues cendrées en vol migratoire

Comment se dirigent-ils ?

Il est étonnant de voir que les oiseaux trouvent toujours leur chemin, même quand ils reviennent d’aussi loin que l’Afrique du Sud. Sachez qu’il en est de même pour leur premier voyage ! Il semblerait alors que ces oiseaux aient un sens inné de l’orientation à longue distance !

Une théorie voudrait que les oiseaux soient influencés par le champ magnétique terrestre, si bien qu’ils soient capables de distinguer les différents points de l’espace. Des expériences complexes, surtout avec les Pigeons voyageurs, n’ont pas prouvé la justesse de cette théorie. Les instruments modernes ont révélé que ce champ magnétique n’avait qu’une faible influence sur les animaux.

La dernière théorie est celle qui propose que les oiseaux volent grâce à la lumière, ou plutôt grâce à la position du soleil, de la lune et des étoiles. Cette théorie a été étayée par des expériences avec beaucoup d’oiseaux. Des étourneaux captifs placés dans une volière ronde volaient dans la même direction que s’ils migraient, étant capables de s’orienter uniquement d’après le ciel qu’ils voyaient de leur cage. Quand la position du soleil était altérée par un arrangement convenable de miroirs, les étourneaux accomplissaient les changements correspondant dans leur position. Des équipements avec radar ont également montré que beaucoup d’oiseaux migrent en accord avec la position des étoiles. Les oiseaux peuvent s’orienter d’après la position du soleil, même quand le ciel est couvert, mais pas dans un brouillard épais.

Pour repérer l’endroit où faire leur nid, et ses environs, les oiseaux trouvent leur chemin surtout par leur mémoire des accidents du terrain. Beaucoup d’oiseaux se déplacent en circuits réguliers, qui sont fixés dans leur mémoire. Les jeunes oiseaux restent d’habitude quelque temps avec leurs parents, pour apprendre ce que sont les environs du nid. Ceci, toutefois, n’explique pas complètement le mystère de l’orientation. Des oiseaux capturés près de leur nid et relâchés à plusieurs kilomètres de là retournent au site de leur nid, et ils ne peuvent pourtant pas connaître le paysage à une telle distance. Un étourneau emporté par avion à 341 km au nord de son nid y est retourné en quelques jours. Repris et emmené à 500 km au sud de son nid, il y est revenu dans l’espace de cinq jours. Il est évident donc que l’orientation à longue distance n’est pas limitée à la migration. Ce sens est aussi développé chez les oiseaux sédentaires qui restent sur leur territoire toute l’année. On admet donc que leur connaissance du paysage ne va pas plus loin que ce qu’ils peuvent en voir en une heure de vol, et que, si on les emmène plus loin, ils ne peuvent, pour revenir à leur nid, que se fier au soleil.

N’hésitez pas à observer ces nombreux oiseaux migrateurs depuis des zones dégagées comme le col d’Organdibexka, col pyrénéen français et site majeur pour l’observation des passages migratoires des rapaces diurnes, des grues, des cigognes et des Pigeons ramiers.

Cigogne blanche en vol

Les petits « vampires » de notre région

Ces dernières semaines, les chauves-souris ne manquent pas au centre de soins. Depuis début juin c’est plusieurs dizaines de Pipistrelles communes qui nous ont été confiées. Chaque année en période estivale, nous recueillons ainsi de jeunes chauves-souris non sevrées que nous devons allaiter jusqu’à temps qu’elles puissent manger des insectes en autonomie.

La chauve-souris est un animal qui fait encore peur à bon nombre d’entre nous notamment à cause de ses petites dents pointues! Pourtant, ce mammifère aussi appelé chiroptère est un animal fragile, qui est donc loin de l’image du monstre sanguinaire auquel on l’associe souvent! C’est d’ailleurs l’un des animaux les plus utiles à l’homme!

Caractéristiques générales

La chauve-souris, qui est une espèce protégée, appartient à la classe des mammifères et en a donc toutes les caractéristiques. Elle est recouverte de poils, est vivipare et allaite ses petits. Les chauve-souris ont toute fois des particularités biens à elles. En effet, celles-ci sont dotées d’ailes leurs permettant de voler de manière active. C’est le seul mammifère ayant cette capacité ! Une autre particularité est la grande quantité de niches écologiques. Elle est le seul mammifère à posséder autant d’espèces différentes avec des régimes aussi variés. Il en existe des insectivores, des carnivores, des fructivores… Bref, il y en a pour tous les goûts !

Elles possèdent des ailes composées de longs doigts qui pourraient s’apparenter à une main, tous reliés par des ligaments élastiques. Les bras ainsi que les jambes de l’animal sont donc tous reliés par ces ligaments, ce qui lui donne cette capacité de vol si exceptionnelle.

La plupart des chiroptères, comme la Pipistrelle commune, que l’on retrouve par chez nous, sont de véritables poids plume. Le plus petit mammifère du monde est d’ailleurs la chauve souris bourdon qui pèse 3g et est originaire d’Asie du Sud Est. Pourtant, il existe un genre de chauve souris pouvant atteindre 1.5kg pour une envergure de 1m70 environ! Mais pas de paniques, on ne les trouve pas dans nos régions !

En ce qui concerne sa durée de vie, certains individus peuvent dépasser les 35 ans !! Elles ont donc une longévité bien plus élevé que la plupart des mammifères de leur gabarit.

Il est possible de classer les chauves souris en fonction de la morphologie de leur tête. En effet, il existe les Mégachiroptères, avec de grands yeux et de petites oreilles et les Microchiroptères, avec de petits yeux et de grandes oreilles.

Petite anecdote: il est possible d’identifier ces différentes espèces grâce au pénis du mâle, en effet ces derniers peuvent être plus ou moins velu ou courbé, ce qui s’avère être un critère d’identification très fiable. Étrange non ?

Comportement

Durant l’année, les chauve-souris peuvent parcourir un grand nombre de kilomètres. C’est ce que l’on appelle la migration. En effet, chaque année, elles vont retourner au même endroit. En automne, durant leurs périples pour se rendre à leurs gîtes d’hiver, et selon l’espèce, ce sera la période de reproduction où mâles et femelles vont se retrouver.  Les femelles s’accouplant à cette période-là ne sont pas fécondes. Elles vont alors conserver les spermatozoïdes dans leurs organes reproducteurs jusqu’à l’année suivante. Ce n’est qu’à la sortie de son sommeil hivernal que la femelle sera gestante. Avec ses congénères, elle va se rendre au gîte d’été afin de mettre bas et d’élever son petit parmi les autres nouveau-nés.

Vivant en nombre, au moment de la mise-bas et de l’élevage de leurs petits, les femelles se regroupent et forment ce que l’on appelle, une maternité. Leurs nombre va dépendre de l’espèce. Si l’on prend l’exemple de notre Pipistrelle commune, durant cette période, elle regroupe en général entre 50 et 100 individus par maternité. Le fait de se regrouper présentent des avantages mais aussi quelques inconvénients comme l’échange de parasites, mais en hiver, elles se réchauffent entre elles.

En été, les chiroptères vont préférer se nicher dans des endroits chauds comme des greniers ou des charpentes. Mais étant des opportunistes avérées, fissures et tas de bois leurs conviennent. Durant cette période, elles vont chasser la nuit et prendre du poids. Pendant les périodes froides, elles vont préférer les endroits frais comme des grottes. Ainsi, elles vont pouvoir hiberner entre 3 et 5 mois et survivre grâces aux réserves qu’elles auront accumulées durant l’été.

Pour communiquer, elles utilisent leur système d’ultrasons qu’elles émettent par des petits cris représentant des signaux sociaux. Elles utilisent aussi ce système pour chasser. Certaines vont attraper pas moins d’une centaine d’insectes par nuit! C’est un véritable insecticide naturel !

Quelques espèces que l’on peut retrouver par chez nous:

  • Pipistrelle commune

Il s’agit ici de la plus répandue en France. C’est également la plus petite chauve-souris d’Europe. En effet, elle est brune aux oreilles triangulaires. Son pelage dorsale est brun-roux et plus jaunâtre sur le ventre. La peau des ailes est noire. Leur poids à l’âge adulte avoisine les 5 grammes seulement. C’est dire si les pipistrelles sont de petites choses fragiles!

Cette petite chauve-souris n’est pas difficile à loger, elle peut vivre dans les villages et les grandes villes, mais aussi dans les parcs, jardins et les forêts. Elles vivent en colonies de 20 à plusieurs centaines d’individus, en colonies de reproduction.

C’est un animal qui aura une période d’hibernation. La pipistrelle va partir dans le sud pour hiberner de la mi-novembre à mars. La plupart d’entre elles vont se réfugier dans des grottes. Leurs période de reproduction a lieu en avril tandis que la mise-bas a lieu entre la mi-juin et début juillet. Les petits naissent totalement nus et vont rester accroché à leur mère jusqu’à leur quatrième semaine.

  • Grand rhinolophe

Ses ailes et ses oreilles sont gris-brun clair, son dos plutôt gris-brun à roussâtre et son ventre gris-blanc à jaunâtre.

La particularité de cette espèce est qu’elles vont se regrouper sous forme d’essaims qui vont être plus ou moins serrés selon la température. Pour s’endormir, elle s’enveloppe dans ses ailes.

Le Grand Rhinolophe fréquente les milieux souterrains l’hiver et les combles de bâtiments en été.

  • Oreillard gris

Espèce de taille moyenne, qui se reconnait facilement par leurs grandes oreilles, caractéristiques du genre. Elles sont presque aussi longues que le corps, se touchant à la base. Les bords antérieurs sont élargis et garnis de soies.

En hibernation, elles replient leurs oreilles contre leur corps et les protègent derrière les avant-bras de leurs ailes.

Les yeux sont assez grands et le museau élargi, avec 2 renflements au-dessus de la truffe.

  • Sérotine commune

C’est une espèce qui fait la taille d’une main de jeune enfant (jusqu’à 10cm !)

Ses oreilles sont courtes et triangulaires, de couleur noire. Le museau est également noir et les ailes sont brun noir. Longs, les poils sont brun foncé sur le dos, luisants à l’extrémité, alors que le ventre est plutôt jaunâtre.

Attention, certains individus appartenant à cette espèce de chiroptère sont potentiellement porteurs de la rage. Lorsque nos soigneurs en reçoivent au centre (environ 5 individus par an), un protocole minutieux est mis en place afin de se protéger.

Malheureusement, les Chauves-souris subissent les conséquences de la vie humaine via une diminution des ressources alimentaires due aux pesticides et à l’emploi d’antiparasitaires sur le bétail, diminution des zones de pâture, dérangement et destruction des gîtes.

Que faire si vous trouvez une Chauve-Souris ?

Tout d’abord, vous pouvez nous envoyer une photo pour identifier l’espèce et reconnaître si c’est une adulte ou une jeune, car face à la diversité des espèces certaines sont si petites qu’on pourrait penser que ce sont des bébés.

Dans le cas où c’est un bébé, sa meilleure chance de survie est de retourner avec sa mère. Pour se faire, il est nécessaire d’effectuer l’opération suivante :

  • Se munir d’une chaussette en laine fine, d’un verre et d’un plat à bords lisses et hauts.
  • Enfiler la chaussette sur le verre puis bourrer le haut de la chaussette à l’intérieur du verre
  • Placer le tout au milieu du plat
  • Au crépuscule, poser la petite chauve-souris sur la chaussette et placer le plat en hauteur, hors d’atteinte des chats, au plus près de la sortie de la colonie ou de l’endroit où vous l’avez trouvée.

Dans le cas où c’est une adulte, vous pouvez, en la manipulant avec soins et avec des gants, la replacer derrière un volet au moment du crépuscule.

Il est important pour les découvreurs de connaître certaines mesures devant être prises lorsque l’on se retrouve face à ce petit mammifère. En effet, la Chauve-souris est connue comme étant porteuse de la rage. Une morsure ou bien une griffure sur une plaie pourrait avoir de sérieuses répercussions. Il est donc nécessaire de les manipuler avec précautions en portant des gants. Un animal porteur de la rage aura les symptômes suivants:

  • envie de mordre
  • bave autour de la gueule
  • sensibilité à la lumière

En cas de doute et/ou si vous souhaitez être conseillés, n’hésitez pas à appeler au centre de soins au 05.59.43.08.51.

Vautours fauves, des débuts difficiles

Nous voici arrivés en été, après plusieurs mois à grandir sur leur falaise, les jeunes vautours s’élancent pour la première fois dans les airs…

Eh oui, la saison estivale est également appelée la « saison vautour » par les soigneurs du centre de soins. Dans les semaines à venir, nous nous préparons à recevoir de nombreux coups de téléphones pour nous informer d’éventuels vautours en difficulté. Entre la mi juillet et la mi septembre, c’est chaque année entre 50 et 60 Vautours fauves en perdition qui sont ainsi recueillis sur le centre de soins. Mais avant d’aller plus loin, apprenons en davantage sur cette espèce…

La ponte

Ce qui est notable à première vue chez notre ami, c’est sa taille considérable. Vous vous en serez douté, l’élevage d’un jeune vautour est par conséquent bien plus long que celui d’un petit passereau comme on en voit dans nos jardins. Et vous ne croyez pas si bien dire ! Chez le Vautour fauve, les premières pontes peuvent avoir lieu dès la fin décembre. Cela bien sûr après une brève parade nuptiale (aussi appelé « vol en tandem ») ainsi que la confection d’un nid. Nos amis ont un planning chargé, il est donc de bon augure de s’y prendre de bonne heure. ;)

L’éclosion

Ce n’est qu’après plusieurs mois de couvaison (parfois dans des conditions climatiques rudes) que le petit percera sa coquille. L’éclosion des œufs intervient généralement à la mi mars. Entre la ponte et l’éclosion, les deux parents se seront ainsi relayés pour couver leur progéniture jusqu’à ce qu’elle voit le jour. Inutile de préciser qu’au moment de l’éclosion, notre jeune vautour n’est alors qu’un jeune poussin recouvert d’un léger duvet, ses parents devront encore le protéger du froid et du soleil pendant quelque temps.

L’élevage

Le plus dure reste à faire pour les parents. Leur unique petit d’à peine 200gr devra en peser pas moins de 7kg pour s’envoler et débuter sa vie de grand planeur. Ils vont donc devoir travailler ardemment pour protéger le petit des conditions climatiques tout en l’alimentant fréquemment en nourriture régurgitée. Le petit pourra ainsi grandir progressivement au coté de ses parents. Ce n’est qu’après plusieurs mois de croissance rapide qu’il attendra son poids et sa taille idéals l’été venu.

Deux jeunes juste sortis du nid

L’envol

C’est ainsi que nous sommes de retour au mois de juillet ! Le jeune est dorénavant bien portant. Son poids avoisine les 7kg, son envergure les 2m50, et ses ailes commencent à le fourmiller. L’heure du grand saut a sonné. Notre jeune ami doit alors s’élancer dans les airs depuis le petit bout de falaise qui l’a vu naître. Sa mission, étendre les ailes et attraper un courant d’air ascendant qui lui permettra de gagner en altitude sans avoir à battre des ailes. Si tout se passe bien, ce jeune vautour pourra arpenter les airs et les plaines en compagnie de ses parents. Jusqu’à ce que ce dernier soit autonome et puisse vivre sa propre expérience.

La chute

Eh oui car c’est là qu’intervient Hegalaldia. Car tout ne se passe pas toujours au mieux, et il arrive que certains jeunes ratent leur premier envol et privilégient l’atterrissage en catastrophe. Pas de panique, cela peut arriver. Le jeune n’aura alors qu’à retrouver un point haut grâce à ses pattes musclées pour se ré-envoler. Malheureusement pour lui, ses grandes ailes manquent encore un peu de muscles pour lui permettre de redécoller du sol, alors il arrive que des fois, les jeunes vautours se retrouvent bloqués sur le plancher des vaches…

Vautour sur la route, vautour dans le jardin, vautour dans la Nive ou même aux Gorges de Kakuetta… voilà le quotidien de notre équipe en saison estivale. Nous nous tenons disponibles pour intervenir à tout moment afin de capturer les jeunes en situation périlleuse. Ces jeunes vautours sont ainsi auscultés au centre de soins pour mettre en avant les éventuelles blessures causées par la chute. Des soins adéquats leurs seront prodigués par nos soigneurs.

Intervention dans les Gorges de Kakuetta

Mais rassurez vous, dans la plus grande majorité des cas, ces petits vautours souffrent plus de peur que de mal. Et c’est après quelques jours de réhabilitation en volière extérieure, après s’être un peu musclé les ailes et avoir appris à se quereller pour se nourrir, qu’ils seront relâchés dans la nature pour leur seconde tentative.

Jeune Vautour fauve accueilli en soins

Le Martinet noir

Une hirondelle ?! Un avion de chasse ?!

Eh non ! Bien qu’il soit d’une forte ressemblance avec l’hirondelle de par sa silhouette, il s’agit ici du Martinet noir !

Petite présentation de cette espèce souvent méconnue et confondue.

Caractéristiques générales

Il possède une grosse tête, de longues ailes pointues ainsi qu’une envergure d’environ 45cm et pèse entre 38 et 45g. De plus, cette espèce n’a pas de dimorphisme sexuel et est habillée d’un plumage noir, plus clair au niveau de la gorge.

Leur espérance de vie est d’environ 10 ans et peut s’étendre jusqu’à 20 ans !

Cette espèce est urbaine et niche du centre des villes aux bâtiments industriels, dans les constructions ou sous les toits. Il garde le même endroit chaque année ! Cependant l’oiseau a su parfaitement évoluer et changer d’habitat alors qu’il se situait initialement dans les milieux naturels tels que les falaises ou les trous d’arbres.

Comportement

Son super pouvoir ? Il vit en volant ! Grand migrateur énergique, il est reconnu pour ses grandes performances dans le ciel lui permettant de résister aux conditions climatiques difficiles. Son vol est direct et rapide d’une vitesse moyenne de 50 à 60 km/h allant jusqu’à plus de 100 km/h ! Il utilise le vol plané afin d’économiser son énergie. Nous pouvons observer des poursuites bruyantes entre les individus. Il peut aussi s’endormir en vol, rester en altitude élevée la nuit et redescendre le matin. Néanmoins celui-ci se retrouve très maladroit au sol, handicapé de ses longues ailes.

Les Martinets se nourrissent d’insectes volants, petits animaux et chassent au-dessus des eaux. Notamment des insectes de la famille des diptères, hyménoptères et évitent bien évidemment les guêpes et les abeilles ! Enfin, pour nourrir les jeunes individus, le jabot peut accueillir jusqu’à 1000 proies !

Les premiers individus sont de retour vers mi-avril jusqu’en mai en climat tempéré et repartent en migration vers le sud dès la fin du mois de juillet pour un voyage de 3 mois ou plus. Concernant sa reproduction, le Martinet est monogame et reste avec son partenaire à vie, sa période de nidification s’étale de mai à août.

Il construit son nid de ses diverses récoltes dans les espaces confinés, atteignables en vol. Les nids sont habités de 1 à 4 œufs dont l’incubation dure une vingtaine de jours, la couvaison étant alternée par les deux parents la journée. Les jeunes restent alors environ 40 jours au nid.

Dangers

Malheureusement, suite à la baisse des populations d’insectes, les ressources alimentaires sont en baisse et il devient de plus en plus difficile pour l’oiseau de se nourrir.

Si un des jeunes tombe au sol, les parents l’abandonnent faute de pouvoir s’en occuper. Le plus souvent à cause de l’excès de chaleur sous les toits, lieu de nidification privilégié. Dans ce cas il est nécessaire de contacter le centre de soins le plus proche. Petite exception, les adultes qui se retrouvent au sol ne peuvent bien souvent plus décoller. N’hésitez pas à les relancer !

Voilà ! Vous en savez maintenant plus sur ces fameux oiseaux que vous voyez chaque année !

Attention en jardinant !

Avis aux jardiniers amateurs ! Avec le retour des beaux jours, vous êtes nombreux à vouloir vous occuper de votre jardin. Celui-ci grouillant de vie en cette saison comme vous l’aurez très certainement constaté. Cependant, quelques règles s’imposent afin de préserver la faune sauvage qui l’occupe. Petit tour d’horizon de quelques conseils qui peuvent littéralement sauver des vies.

Tendez l’oreille.

Votre jardin est normalement très animé en cette saison. Profitez-en pour écouter tous ces bruits et percevoir la présence d’éventuels oisillons.

Des cris répétitifs étant la caractéristique principale à retenir. Dans ce cas, visualisez et localisez leur nid afin d’éviter tout dommage.

Préférez les outils manuels.

De nos jours, les outils manuels se font rares. Et pourtant ils n’ont pas à rougir face à leurs homologues modernes. Etant au final bien souvent plus économiques, ils vous permettent également davantage de précision et un travail de meilleure qualité. Le tout dans un silence qui ravira aussi bien votre voisinage que nos petites boules de poils ou de plumes.

En somme, en échange d’un peu d’huile de coude vous réduisez plus que fortement les nuisances sonores et celles envers la vie de votre jardin.

Inspectez les habitats naturels.

Le premier conseil portait sur l’ouïe, celui-ci est tout aussi important et concerne l’habitat naturel de la faune sauvage de votre havre de paix. On retrouve alors 3 types de principaux habitats :

Le premier est le sempiternel tas de feuilles que nous avons tous au moins une fois vu dans un jardin. Si vous voulez l’éliminer il faudra entre-autres vérifier la présence d’hérissons, espèce friande de ce genre d’habitat. Pensez à également vérifier leur présence dans votre pelouse avant de tondre.

Ensuite, le deuxième type est souvent source de problèmes en cette saison vis-à-vis des nids : Les haies. En effet, évitez de tailler les haies entre le 15 mars et le 31 juillet durant la période de nidification et de reproduction.

Enfin, il en va de même avec le troisième type d’habitat : Les arbres. Comme les haies, évitez de les tailler ou de les abattre d’avril à juillet. Vérifiez également la présence d’Écureuils roux dans vos arbres, histoire de ne pas devoir amener à votre centre de soins le plus proche plusieurs petits séparés de leurs parents après une chute de plusieurs mètres suite à un élagage ou un abattage. Votre conscience ne s’en remettrait pas ! ;)

Nous espérons donc que ces précieux conseils vous seront utiles en cette belle saison. De trop nombreux appels et arrivées nous proviennent suite à simple manque de connaissances de ces consignes élémentaires. Alors n’hésitez pas à les partager au plus grand nombre !

Mœurs et coutumes du chevreuil

 

Vous en avez très certainement tous déjà observé, aujourd’hui nous allons vous parler des chevreuils ! Petit tour d’horizon de cette espèce qui occupe toute l’Europe.

Carte d’identité

Le chevreuil a des caractéristiques qui lui sont propres. C’est le plus petit des cervidés européens ! Sa hauteur au garot oscille entre 60 et 80 cm, et sa longueur totale va de 1 à 1.25m. Son poids, lui, peut aller de 20 à 25 kg selon le sexe. D’ailleurs, on appelle Chevrette la femelle et Brocard le mâle. Seul celui-ci possède des bois. Les petits, eux, sont des faons. La détermination de l’âge est impossible, hormis pour les jeunes de moins de 1 an pour qui le comportement et la morphologie sont des signes distinctifs. Enfin, leur pelage est livrée durant les premières semaines de la vie du faon, roux ou fauve en été pour les adultes et gris en hiver. La mue de printemps débutant en avril/mai et la mue d’automne en octobre.

Alimentation

Concernant son alimentation, le Chevreuil est difficile ! Il est très sélectif et cherche la nourriture la plus riche et diversifiée. En milieu forestier, les rameaux et les feuilles de végétaux ligneux et semi-ligneux constituent ses principaux aliments. Les feuilles des végétaux ligneux sont consommées au printemps et en été, en phase végétative. On y trouve du chêne, du charme, de l’orme, des érables et des cornouillers. Les feuilles des végétaux semi-ligneux, elles, sont consommées toute l’année. Principalement du lierre, des ronces, de la callune, de la myrtille, de l’airelle et des framboisiers. Des résineux comme les sapins ou les pins maritimes peuvent également servir de nourriture. La consommation régulière de plantes herbacées est également de la partie. Elle reste faible, sauf au printemps en période de redémarrage de la végétation où elle présente une haute digestibilité et une forte valeur nutritionnelle. Enfin, en milieu agricole, les chevreuils de plaine consomment des céréales d’hiver, du colza, de la luzerne, des betteraves et recherchent également de la nourriture dans les milieux boisés subsistants.

Activité

Les chevreuils ont un rythme polyphasique. Leur cycle journalier comprend entre 6 et 12 phases d’activité dont 2 plus fortes au lever du jour et à la tombée de la nuit.

Organisation sociale et spatiale

Chez cette espèce, la cellule familiale forme leur organisation sociale. Elle est composée de la chevrette et des jeunes de l’année qui accompagnent progressivement la mère dans ses déplacements. La cohésion étant très élevée en août, pour diminuer en mars/avril de l’année suivante jusqu’à éclater en mai. Deux cas de figure se présentent alors : Si la population n’occupe pas la totalité de la surface, on observe une rupture de la liaison mère/jeune avec une dispersion des jeunes favorisée. Ils quittent leur territoire de naissance à la recherche d’un domaine personnel pendant 6 à 12 mois. Enfin, si la population est dense dans un habitat, on constate une installation des jeunes sur ou à proximité du domaine maternel. Ce comportement est de plus en plus favorisé par la pression sociale. Cette philopatrie est plus marquée chez les femelles, on peut la définir comme des groupes d’effectifs croissants d’individus apparentés. La réduction de la taille du domaine vital et la baisse de l’agressivité vont alors voir augmenter les contacts entre individus. Entraînant donc une réorganisation sociale et spatiale en réponse à des variations de densités afin d’ajuster la population à son environnement.

Domaine vital

En Automne et en hiver les mâles et les femelles occupent 20 ha forestiers et 100 à 150 ha agricoles. On observe alors une abondance et une répartition des ressources à cette période. Au printemps et en été, les facteurs sociaux sont déterminants. Les mises bas ont lieu en mai et la non mobilité du faon entraîne alors une réduction du domaine vital des femelles adultes. L’augmentation de la mobilité des faons en juillet et en août entraîne une augmentation du domaine vital de quelques hectares en mai/juin à 20 ha en juillet et en août. Enfin, les mâles adultes sont quant-à-eux territoriaux de mars à fin août avec un domaine vital moyen de 35 ha délimité par des marquages visuels et olfactifs.

Reproduction

Concernant la reproduction, les chevreuils ont une maturité sexuelle de 12 mois pour les mâles et de 14 mois pour les femelles. Celles-ci ne devenant possiblement reproductibles qu’à partir de 20 kg de masse corporelle. Ils sont oligogame, un mâle a plusieurs femelles et leur moyen d’appariement, l’action d’unir un couple, est territorial. Les mises bas se font du premier mai au 15 juin avec 80 % des naissances de jeunes faons du 15 mai au 5 juin. Avec une moyenne de 2 faons par portée voire 3 au maximum, leur taux de survie varie considérablement, de 30 à 85 % selon le printemps de la naissance. En cause, la saturation de l’habitat et les conditions climatiques. Le poids des femelles influence beaucoup le nombre de petits, ce sera en moyenne 1 faon pour 20 à 22 kg et 2 faons de 22 à 25 kg. En ce qui concerne les adultes, le taux de survie moyen oscille à 85 % pour les mâles adultes et 95 % pour les femelles jusqu’à 7 ans. Après cet âge, le taux baisse considérablement.

Avertissement

Attention !!! Chaque année, de nombreux promeneurs croisent la route d’un faon qui leur semble abandonné, prostré au sol. Sachez que si vous le récupérez en croyant faire une bonne action, vous condamnez cet animal. Ne le touchez pas et passez votre chemin. Durant les premiers mois, il n’est avec sa mère que de courts moments. Il va rester immobile au sol pendant de longues heures pour éviter les prédateurs. Elle ne reviendra que pour l’allaiter ou le nettoyer, avant de repartir.

Nous espérons que vous en connaissez maintenant plus sur le Chevreuil ! ;)

Le grand retour de migration des oiseaux

Ils reviennent ! Les oiseaux migrateurs qui ont passé l’automne et l’hiver au sud reviennent pour élever les poussins et profiter des longs et agréables jours de la saison estivale.

Rappel

Pour rappel, les oiseaux migrateurs ont une horloge interne qui leur dicte ces allers-retours. C’est une hormone, la mélatonine, qui vient déclencher les départs. Hormis les variables des conditions climatiques, la diminution de la longueur des jours et la raréfaction de la nourriture, le cycle se répète de manière plus ou moins similaire chaque année.

Concrètement, à partir de la fin du mois de février les migrateurs commencent à revenir sur leur territoire. Cette migration est plus rapide que celle d’automne et au printemps la plupart des migrateurs reviennent. À l’exception de quelques espèces qui n’arrivent que fin avril, début mai.

Principales espèces concernées

Plusieurs espèces rentrent de migration, en voici quelques-unes :

Le Milan noir, ou la « version brune » du Milan royal. Il est l’un des premiers à revenir de migration, en l’espace de quelques jours, vous pourrez voir des dizaines d’entre eux arpenter les airs en quête d’une aire où s’établir. Les Milans noirs qui arrivent en nombre ont tendance à repousser leurs cousins royaux dans les terres et les monts en période estivale. Pour le reconnaître, fiez-vous à sa silhouette très sombre et sa queue légèrement échancrée.  Il est généralement de retour de mars à mai pour déjà repartir début juillet.

Milan noir en vol

L’Aigle botté, rapace rare et discret en France. Cet aigle a la caractéristique d’arborer des plumages différents d’un individu à l’autre. Ainsi certains seront dits en « phase claire » et seront majoritairement blancs, tandis que d’autres seront en « phase sombre » et porteront un plumage brun foncé. Dans les deux cas, leur critère d’identification principal viendra de leurs rémiges primaires (grandes plumes des ailes) qui sont toujours d’un noir marqué. Il va de soi que ces aigles en « phase claire » seront aisément reconnaissables avec un contraste de blanc (corps) et de noir (rémiges primaires). L’Aigle botté est généralement de retour à la mi-mars pour repartir en septembre.

Aigle botté

Les Hirondelles rustiques et les Hirondelles de fenêtres que tout le monde affectionne et qui reviennent en avril pour repartir fin septembre. Aisément reconnaissable avec leurs queues très échancrées, les Hirondelles rustique sont bien souvent annonciatrices du printemps. Leurs cousines des fenêtres elles, seront identifiables à leur croupion blanc qui contraste bien avec leur dos noir bleuté. Ces individus se font malheureusement rares de nos jours, l’utilisation intensive de pesticides et la diminution des populations d’insectes en étant bien sûr la cause principale…

Hirondelle rustique préparant son nid

La Cigogne noire, plus rare que ses consœurs les blanches, part, elle, entre les mois d’août et de septembre pour revenir en mars. Facilement reconnaissable avec son bec et ces pattes rouges, on l’identifiera en vol avec son cou noir qui contraste avec son ventre blanc. Contrairement à sa cousine blanche, la Cigogne noire niche en milieu boisé. Vous ne la verrez donc pas au nid sur un pylône ou un arbre isolé.

Cigogne noir au nid

La Bondrée apivore, ce rapace qui doit son nom à son alimentation principalement composée de guêpes et de leurs larves. Elle reste peu de temps dans nos contrées, de mai à septembre. Pas toujours aisé de la reconnaître entre les différents rapaces qui parcourent les airs. Sa petite tête et ses larges ailes striées pourront surement vous mettre la puce à l’oreille.

Bondrée apivore

Le Faucon hobereau, chasseur hors pair arrive lui en mars et nous quitte à la fin du mois d’août. Faucon de taille moyenne, il reste facile à identifier grâce à une calotte noire et une culotte rousse.

Faucon hobereau

La Huppe fasciée reconnaissable au premier coup d’œil avec sa grande huppe et ses ailes striées de blanc et de noir arrive elle aussi en mars mais étale son départ de juillet à octobre.

Huppe fasciée en quête de nourriture

Enfin, le fameux Percnoptère d’Egypte connut pour être un énigmatique petit vautour blanc et jaune nous revient de mi-mars à début septembre. Si vous le voyez, vous ne pourrez que l’identifier. Un corps entièrement blanc mise à part des rémiges primaires (grandes plumes des ailes) noires qui lui donne un plumage plein de contraste. Et si cela ne suffit pas, regardez sa queue, elle est cunéiforme, cela signifie qu’elle a une forme de losange.

Vautours percnoptères 

Ainsi, quand vous verrez prochainement l’une de ces espèces, dites-vous que leurs vacances d’hiver ont surement été chaudes et ensoleillées, ou du moins plus que les nôtres . ;)

L’Écureuil roux

Tic et tac, vous connaissez ?!

Eh oui ! Ce sont bien des écureuils ! Mais aujourd’hui nous allons plus particulièrement parler des Écureuils roux ! Petit tour de cette espèce bien présente dans notre paysage.

Écureuil roux aux aguets

Présentation générale

Présent en Europe depuis près de 3 millions d’années, en France sa présence est répandue jusqu’à 2000 m d’altitude sauf dans certaines îles comme la Corse ou les îles atlantiques.

Mais regardons directement où il habite : Il vit uniquement dans les milieux forestiers et détiens même le record du plus gros rongeur de son milieu ! Cependant, même s’il est le seul écureuil autochtone présent en France il peut aujourd’hui être en concurrence avec l’Écureuil gris, celui de Corée ou bien encore l’Écureuil de Pallas.

Visuellement, on le reconnaîtra facilement grâce à son ventre blanc et son pelage roux variant du gris au brun/noir.

Malgré sa présence visible dans les lieux proches des habitations, sa population reste faible. Ce qui lui vaut le statut d’espèce protégée depuis plus de 30 ans.

Si vous le cherchez, vous le trouverez dans le feuillage des arbres ainsi qu’au sol à la recherche de nourriture toute la journée et toute l’année sauf en cas de grands froids où il préférera rester dans son nid.

Écureuil roux en observation sur un tronc d’arbre

Bien qu’attirant la sympathie, l’espèce est fragilisée par le découpage et la disparition de son milieu de vie, les chocs routiers ainsi que l’installation d’autres espèces à concurrence directe.

Un corps bien pensé

S’il y a bien une partie de son corps qui le caractérise, c’est bien sa queue en panache quasiment aussi grande que son corps. Elle lui sert de balancier dans ses déplacements dans les arbres ainsi que d’organe de communication visuelle.

Mais il n’y a pas que ça, ses pattes postérieures lui permettent de faire d’importants sauts de branche en branche et il peut monter et descendre un tronc d’arbre la tête la première grâce à ses griffes acérées.

Écureuil roux s’alimentant à la verticale

Pour ce qui est de son pelage qui dans de nombreux cas est roux, il peut posséder quelques variantes allant jusqu’au gris-noir dans les milieux à plus haute altitude. Sa mue s’effectuant toujours à partir d’avril et d’octobre.

Enfin, ses oreilles laissent apparaître un « pinceau » de poils de 3 cm qui grandit à la fin de l’été pour atteindre sa taille maximale en hiver et au début du printemps.

Leur quotidien

L’Écureuil roux est solitaire hors période de reproduction et fonctionne selon un système de cohabitation, de hiérarchie et de dominance. Ce domaine vital étant différent d’un territoire à l’autre. Le mâle se déplace sur une surface de 5 à 30 hectares et les femelles entre 2 et 20 hectares. La présence de ressources influençant principalement la taille de leur domaine.

Contrairement à certaines idées reçues, cette espèce n’hiberne pas et occupe 4 grandes activités : La recherche de nourriture, la construction de nids, la constitution de réserves ainsi que la reproduction.

Son régime alimentaire varie en fonction de la saison. Par températures froides, il s’alimente de fruits d’arbres, de champignons, d’écorce et de bourgeons alors que les baies, les fleurs, les jeunes pousses d’arbres, les fruits à pulpes, les invertébrés et occasionnellement les œufs ou oisillons constituent sa nourriture pour les saisons plus clémentes.

On le connaît tous grâce à sa particularité consistant à enterrer des fruits d’arbres et des champignons séchés en ne réussissant pas tout le temps à les retrouver. Il participe ainsi à la régénération des forêts.

Écureuil roux à la recherche de nourriture

Enfin, l’Écureuil roux ayant besoin de nids pour dormir, il en construit ou s’en approprie entre 5m et 15m de hauteur. Assez haut pour éviter les prédateurs mammifères pas assez pour ne pas être exposé aux vents violents. Leur taille est d’environ 50 cm de diamètre et 30 cm cm de haut.

Pour l’anecdote, les nids sont idéalement construits dans des Charmes à l’écorce lisse et près des Chênes. L’Écureuil roux peut ainsi grimper sur le chêne pour ensuite sauter dans son nid sur le charmes. Là où les prédateurs comme la Martre qui fait 5 fois son poids ne pourra pas le suivre.

Reproduction

Au niveau de sa reproduction, l’Écureuil roux se reproduit sur 2 principales périodes : De décembre à janvier et au printemps. Avec une gestation de 30 à 40 jours et une à 2 portées par an. 1 à 6 petits peuvent ainsi naître entre février et avril ainsi qu’entre les mois de mai et d’août. Ils seront ainsi allaités 2 mois avant d’apprendre la vie en autonomie.

Jeune Écureuil roux nourrit au biberon

Menaces

Aujourd’hui l’Écureuil roux doit composer avec 3 grandes menaces :

D’abord, les collisions avec les véhicules dues au rapprochement de l’espèce avec l’homme dans les zones périurbaines à cause, en partie, du nourrissage.

Ensuite, la prédation des chiens ou et surtout des chats domestiques. Ses prédateurs naturels comme la Buse variable ou la Martre n’impactant pas sa population.

Enfin, la concurrence avec d’autres espèces d’écureuils introduites en France reste le plus préoccupant : En Grande-Bretagne, l’Écureuil roux a quasiment disparu, remplacé par le gris. Cette espèce qui nous vient d’Amérique du Nord préfère les forêts de feuillus, contrairement aux Écureuils roux qui apprécient particulièrement les forets mixtes ou de conifères. Ainsi, notre écureuil autochtone qui s’est installé sans concurrence un peu partout est maintenant confronté à l’Écureuil gris qui bénéficie des glands. A l’inverse des roux. La reproduction de ces 2 espèces dépendant de la nourriture, le gris vient alors progressivement remplacer son rival. Petite note d’espoir, l’Écureuil roux est toujours présent en Grande-Bretagne en Ecosse grâce aux forêts de conifères.

Écureuil gris

Ainsi, vous en savez maintenant davantage sur cette espèce connue de tous !

Les Amphibiens en hiver

Rares sont les occasions de vous en parler mais les amphibiens, autrefois appelés batraciens, sont aujourd’hui le sujet principal de cet article. Petit tour d’horizon de la vie en hiver de ces petits animaux oubliés.

Une Rainette verte bien camouflée

En cette saison

Les amphibiens sont des animaux à sang-froid sensibles au gel, ils peuvent s’enfouir dans le sol pour se terrer dans l’eau afin de s’en protéger. Ils constituent des réserves avant l’hibernation et réduisent la quantité d’énergie consommée. Les juvéniles ont alors très peu de temps pour amasser le nécessaire. Cette période sonne la transition entre celles qui hibernent encore dans les contrées les plus froides et les pontes précoces de certaines espèces.

Crapaud commun à l’abri d’un tas de pierres

Eh oui ! Il y a de la vie dans les points d’eau en hiver !

La migration

Chaque année, des millions d’amphibiens quittent leurs forêts à l’abri du froid pour se diriger vers les zones humides où ils sont nés afin de s’y reproduire. Le principal danger vient alors de cette migration, les amphibiens traversent les routes et la circulation pour rejoindre les mares ou les étangs. Ils perdent alors la vie par centaine, ce qui n’arrange pas leur sort compte tenu des autres menaces qu’ils encourent comme la destruction de leur habitat ou l’utilisation généralisée des pesticides. Ce qui vient déséquilibrer un maillon essentiel de la chaîne alimentaire.

À Hegalaldia, nous avons décidé d’agir et c’est pour cela que nous vous proposons de nous signaler toute constatation de collisions depuis un formulaire électronique afin d’appuyer et d’améliorer les demandes d’aménagement du territoire en faveur du passage des espèces animales dans leur globalité.

Alors, dans les Pyrénées-Atlantiques, si vous rencontrez une zone qui attire votre attention par son taux de mortalité élevé à cause des activités humaines, vous pouvez nous la signaler par le biais de notre formulaire en ligne.

Logo du projet Stop Impact

La reproduction

Concernant la reproduction des grenouilles et crapauds, on note la présence d’un accouplement mais la fécondation est externe et dans l’eau. Les mâles s’accrochent aux femelles avec leurs pattes pendant l’accouplement et viennent déposer leurs spermatozoïdes en fonction de la ponte de la femelle. Pour l’anecdote les grenouilles perdent leurs œufs en paquet, alors que ceux des crapauds sont pondus en ruban.

De grosses quantités sont alors présentes, leurs prédateurs étant nombreux. La spécificité vient du mâle Crapaud accoucheur (aussi connu sous le nom d’Alyte accoucheur) qui récupère le ruban des œufs pondus par la femelle en l’enroulant autour de ses pattes en se déplaçant jusqu’à l’éclosion.

Pontes de grenouille dans une mare

De l’œuf à l’adulte : La métamorphose

Les jeunes amphibiens abandonnent rapidement leur forme d’œuf pour donner vie à une larve connue sous le nom de têtard ! Appelé ainsi à cause de la grosseur de sa tête. Il ne possède qu’une nageoire caudale. Il ira alors se fixer à une herbe aquatique et respirer uniquement par la peau. Au bout du troisième jour, il va nager librement avec une organisation interne semblable à celle d’un poisson puis en 15 jours son système respiratoire est celui du’un poisson osseux. Enfin, les pattes apparaissent en commençant par celles de l’arrière et finissent par perdre leur queue.

Têtard en pleine croissance

Ainsi, à l’avenir, quand vous entendrez un coassement ou que vous verrez un bond furtif dans un point d’eau, vous penserez à ces petits animaux trop souvent oubliés.

Nourrir les oiseaux en hiver

Mésange bleue et Pic épeiche sur un distributeur de graines

Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas. Chaque année, à l’approche de la saison hivernale, certaines espèces ont pour coutumes de partir en migration. Les grues ou les hirondelles en sont un parfait exemple. Ces espèces migratrices préfèrent passer l’hiver dans une région du globe où le climat sera plus clément et où les ressources alimentaires seront plus abondantes.

Mais il est important de se souvenir que certaines espèces demeurent dans nos régions durant ces « mauvais » jours. Les passereaux de nos jardins en faisant bien entendu partie. Qu’il s’agisse simplement d’une coutume ou d’un réel désir d’aider ces animaux, l’utilisation de mangeoires à oiseaux devient fréquente.

Cette pratique devient aujourd’hui une aide importante pour nos amis à plumes qui subissent indéniablement un impact grandissant des activités humaines. Cependant, l’utilisation de mangeoires n’est pas à prendre à la légère. Il existe un certain nombre de règles et/ou de conseils à suivre durant l’hiver que nous vous proposons de lister dans cet article.

Nourrir quand ?

Mésange charbonnière sur une mangeoire

Bien entendu, le nourrissage des oiseaux ne doit pas s’effectuer toute l’année. Les oiseaux peuvent aisément trouver de la nourriture en période printanière et estivale, il est donc important de ne pas les rendre dépendant de l’homme.

Nous privilégions donc un nourrissage en mangeoire à partir du mois de novembre, avec l’arrivée du froid, jusqu’à la fin mars au plus tard ! Dès le retour des beaux jours pourra ainsi être interrompu.

Attention ! Une fois que vous commencez à nourrir les oiseaux, il est essentiel de ne pas vous interrompre jusqu’à l’arrivée du printemps. En effet, les oiseaux s’habituant à une ressource alimentaire pourraient être mis en difficulté, voire en danger, si cette ressource venant à disparaître subitement.

Nourrir avec quoi ?

Chardonneret élégant sur un distributeur de graines

Il est important de se souvenir d’une chose essentielle : les oiseaux ont des régimes alimentaires qui leur sont propres ! Nous retrouverons donc chez nous des oiseaux granivores (mangeurs de graines), frugivores (mangeurs de fruits) et insectivores (mangeurs d’insectes).

Toute nourriture salée, cuite ou cuisinée est donc à proscrire. Le pain ne faisant pas exception car une fois ingéré il gonfle et perturbe la digestion des oiseaux.

Rassurez-vous, les oiseaux insectivores peuvent aisément se replier sur les graines en hiver, les insectes étant difficiles à trouver. Nous pourrons donc nourrir nos petits protégés en utilisant des mélanges de graines et des fruits.

Mésange nonnette qui mange dans une main

Les mélanges de graines « à décortiquer » ou les mélanges pour tourterelles feront parfaitement l’affaire. Les graines de tournesol sont également des plus appréciées, notamment par les mésanges.

Les fruits quand à eux sont appréciés des turdidés (merles, grives…). Notez cependant que ces derniers préfèrent s’alimenter au sol. Donc si vous avez un fruit abîmé que vous souhaiter donner aux oiseaux, mettez-le simplement au sol dans votre jardin, les merles en feront leur affaire.

Enfin, les boules de graisse, best-seller du rayon d’aliment pour oiseaux, restent un source de nourriture intéressante car elles apportent une ressource en matière grasse en plein hiver. Mais il est important de ne pas tout miser là-dessus. De plus, il est préférable de disposer les boules de graisse sans leur filet, ces derniers pouvant être cause d’accidents.

Jamais sans un peu d’eau !

Rougegorge familier prenant un bain

En été ou en hiver, un point d’eau est essentiel pour les oiseaux. L’eau est difficile à trouver par forte chaleur ou lorsque cette dernière gèle. N’oubliez donc pas de proposer un point d’eau pour que les oiseaux puissent s’abreuver voire se baigner.

Bien entendu cette eau devra être changée régulièrement afin de ne pas favoriser le développement de bactéries.

Une mangeoire, ça se nettoie !

Eh oui ! Une mangeoire est un lieu de passage pour bon nombre d’individus, il est donc plus qu’habituel que des maladies s’y développent. Comme par exemple la salmonellose ou l’aspergillose. Des maladies qui, si elles sont contractées par les oiseaux, peuvent entraîner la mort. Il serait dommage qu’en voulant bien faire, vous fassiez plus de mal que de bien…

Pas de panique pour autant. Vous n’avez pas besoin de produits chimiques pour nettoyer une mangeoire. Munissez-vous d’une brosse, d’eau chaude, de vinaigre blanc et d’huile de coude, et au minimum une fois par mois nettoyez bien la mangeoire.

Quelle mangeoire et à quel endroit ?

Mangeoire de type plateau couvert

Il existe bien sûr une multitude de types et de forme de mangeoire. D’autant que vous pourrez aussi bien trouver ces mangeoires dans le commerce ou les confectionner vous-même.

Les plateaux sont d’une façon générale une valeur sûre. Ces derniers permettent de mettre divers aliments ainsi qu’une coupelle d’eau. Les oiseaux peuvent également s’y retrouver en nombre et s’y tolèrent. Nous privilégierons cependant un plateau couvert (avec un toit). Cela permettra à la nourriture de ne pas s’abîmer avec la pluie et limitera par la même occasion le développement de maladie.

Les distributeurs de graines et de boules de graisse sont également intéressants. En disposer un dans le jardin en plus d’une mangeoire peut tout à fait se faire.

Chat domestique dans une mangeoire

Enfin, l’emplacement de la mangeoire doit également être pensé judicieusement. N’oublions pas que les oiseaux sont moins attentifs lorsqu’ils se nourrissent. Il est donc important que la mangeoire se trouve dans une zone ouverte éloignée d’éventuels murets ou haies. Les oiseaux pourront ainsi se nourrir tout en observant leurs potentiels prédateurs. Eh oui, bien qu’on l’apprécie, le chat domestique reste le principale prédateur de notre faune du jardin.

Observez les !

N’hésitez pas à tenir compte de toutes ces petites notions qui ne sont pas là pour vous compliquer la tâche mais pour aider nos amis au mieux.

Mais surtout, profitez-en ! Une mangeoire est attractive pour les oiseaux, il s’agit donc d’un lieu de passage continu pour nos passereaux. L’occasion de pouvoir les observer facilement et d’apprendre à reconnaître les différentes espèces qui fréquentent votre jardin. Sortez votre guide ornithologique et vos jumelles, et profitez du spectacle.

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