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Grippe aviaire : les oiseaux sauvages en danger ?

Cette année 2020 n’est pas encore terminée et nous réserve encore son lot de difficulté. Ainsi, avec la découverte récente de plusieurs foyers de grippe aviaire dans le sud-ouest des Landes, tout transport d’oiseaux (sauvages ou non) en provenance de cette zone nous est strictement interdit.

Une décision sanitaire que nous comprenons mais que nous avons du mal à accepter. En effet, la grippe aviaire, comme bon nombre d’autres maladies impactant la faune sauvage représentent un risque auquel les centres de sauvegarde sont confrontés tout au long de l’année.

Bien que la vigilance soit accentuée avec ces cas confirmés, il nous est difficile d’estimer réellement les risques liés à la faune sauvage.

Nous sommes dans une saison où les oiseaux marins peuvent aisément être découverts en détresse sur le littoral. Une saison où les collisions routières sont fréquentes chez les rapaces diurnes et nocturnes. A priori, ces individus ne souffrent pas en premier lieu d’un quelconque virus. Et pourtant si vous nous signalez des cas similaires dans le sud-ouest des Landes actuellement, nous serons dans l’incapacité d’intervenir.

Nous avons essayé de vous proposer une carte actualisée.

En résumé, et en accord avec les directives sanitaires, tout oiseau découvert dans cette zone de protection et de surveillance ne pourra être pris en charge par un centre de sauvegarde. De plus, et toujours dans le respect de la réglementation, ces individus ne pourront pas être conservés chez les particuliers car la détention d’animaux sauvage est interdite et surtout le risque sanitaire est bien réel.

En conclusion, tout oiseaux sauvages découvert en détresse dans cette zone ne pourra que rester sur son lieu de découverte… en attendant une mort certaine. Les cadavres sont à signaler soit à notre association, soit à l’Office Français de la Biodiversité des Landes (OFB 40) pour d’éventuelles analyses.

Bien entendu nous essayons de trouver une solution adaptée à la situation en ne sous-estimons pas le risque épidémique. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de la situation.

L’hiver chez les oiseaux marins

Alors que les deux tiers de la surface terrestre sont couverts d’eau, les oiseaux marins ne représentent que 3% des espèces d’oiseaux du monde !

Les oiseaux marins sont très visibles tant sur le littoral qu’au large. Pourtant, la plupart des gens ne les perçoivent pas comme des créatures marines, comme les baleines ou les phoques, car beaucoup d’entre eux  reviennent à terre pour se reproduire ou pour se poser sur des rochers et des îles. Néanmoins, beaucoup d’entre eux tirent leur alimentation de la mer, et forment de ce fait une partie importante de la chaîne alimentaire marine : en ce sens, la mer constitue leur milieu de vie, tout autant que celui des crabes et des coraux.

A Hegalaldia, nous soignons les oiseaux marins retrouvés en détresse sur la côte. L’hiver est la période où nous en recueillons le plus. Nous souhaitons par cet article vous présenter les espèces que l’on accueille le plus et aussi les problématiques rencontrées par celles ci.

Les espèces majoritairement accueillies à Hegalaldia

  • Fou de Bassan

Oiseau du milieu océanique, son nom lui vient de l’île de Bass en Ecosse où une très grande colonie s’est formée.

Le Fou de Bassan repère les bancs de poissons en vol et plonge en piqué pouvant atteindre 30 mètres. En adoptant une posture aérodynamique typique (à l’image d’un concorde), il peut rentrer dans l’eau à 100km/h sans se blesser grâce entre autres à ses narines à l’intérieur du bec !  Il plonge ainsi à 6-7 mètres de profondeur, provoquant une onde de choc qui assomme les poissons. Il englouti sa proie sous l’eau, ce qui fait que les premiers observateurs, pêcheurs écossais, le trouvaient complètement fou d’effectuer ces plongeons spectaculaires et de remonter bredouille !

Les couples sont unis à vie, se formant vers 5-6 ans, lorsque l’oiseau atteint sa maturité. La femelle pond un seul œuf à la fois et le petit, une fois sorti de son œuf, va garder les yeux fermés pendant trois jours et sera nourri également de nuit ! Au bout de 11 semaines de gavage, le petit pèse 1kg de plus que l’oiseau adulte ! Il est donc trop lourd pour voler et nagera pendant près d’un mois avant de pouvoir chasser en vol.

Le Fou de Bassan pêche des harengs, des maquereaux, des sardines, et ce même la nuit.

  • Guillemots de Troïl

Hivernant notamment en Manche et dans le golfe de Gascogne, les Guillemots de Troïl forment des troupes importantes qui sillonnent la haute mer en quête de nourriture, presque exclusivement des poissons.

L’unique œuf de l’unique ponte est déposé à même la roche. Le petit sera accompagnés par ses deux parents durant les trois premières semaines de sa vie. Mais le départ du nid pour l’oisillon est assez impressionnant. En effet, celui ci va sauter d’une falaise de plusieurs dizaines de mètres pour atterrir dans l’eau alors qu’il ne fait que le quart de sa taille d’adulte et qu’il ne sait même pas voler. Mais le père, qui d’ailleurs reste à côté de lui lorsqu’il fait le grand saut, va continuer de s’occuper de lui.

Mais un avantage à ce saut très risqué existe. Les chercheurs ont découvert qu’un petit qui vit dans l’eau grandit deux fois plus vite qu’un oisillon qui serait resté dans le nid. Et la raison de cette différence est toute simple : une fois son petit dans l’eau, le père qui fournit la majorité des soins parentaux, n’a pas besoin de faire la navette entre la mer et le nid pour nourrir son petit. Ce temps gagné lui permet de sustenter bien plus souvent l’oisillon. La mère, de retour dans la colonie, va s’accoupler avec d’autres mâles afin de se trouver un nouveau partenaire dans le cas où l’autre ne reviendrait pas. Pendant ce temps, le père passe en moyenne six heures par jour sous l’eau pour nourrir son petit. Il va tenir ce rythme pendant 56 jours chez les Guillemots de Troïl. Par la suite, l’oisillon devient plus indépendant ce qui permet au père de diminuer ses aventures sous-marines et de souffler un peu. Dur d’être père chez les guillemots !

  • Pingouin Torda

Le Petit pingouin ressemble partiellement aux guillemots. Ses ailes courtes et arrondies lui permettent de voler mais aussi de se déplacer vite dans l’eau. Mais, savez vous quelle est la différence entre le pingouin et le manchot ? Eh bien, le manchot ne vole pas ! Aussi, il n’a existé que deux espèces de pingouins dans le monde, une (le Grand pingouin) a disparu en 1844 en Islande. Il ne reste donc plus que le Pingouin torda ! La confusion vient de l’anglais où « pingouin » est utilisé pour désigner certains manchots.

Exclusivement un oiseau de mer, le Pingouin torda se rend sur la terre ferme seulement pour la reproduction. Il niche généralement en couples isolés ou en colonies lâches sur les corniches rocheuses, contrairement au Guillemot de Troïl qui forme des rassemblements denses. L’unique œuf de l’unique ponte est déposé à même la roche. L’œuf est conique afin d’éviter un roulé-boulé dans la mer en contrebas.

Avec un très fort déclin, le Pingouin torda est l’oiseau marin le plus menacé de France.

  • Autres espèces

Le Macareux moine : aucune confusion possible pour cet oiseau marin dont le bec est la partie la plus remarquable. Il l’utilise pour stocker ses proies. Surnommé le clown de mer, il passe le plus clair de son temps en haute mer.

Les puffins sont des oiseaux marins de taille petite à grande. Tous possèdent des narines à la base du bec. Avec leurs ailes le plus souvent longues et étroites, ils sont profilés pour des déplacements de longue distance en haute mer, profitant des vents et des mouvements d’air créés par les vagues pour minimiser les efforts et donc les dépenses énergétiques. Leur vol est puissant, aisé et souvent spectaculaire. Les pattes palmées leur permettent de nager en surface et de plonger.

Le Grand Labbe est la terreur des autres animaux, on l’ appelle « le pirate des mers ». Ces oiseaux poursuivent les mouettes et les sternes, les obligeant à lâcher leur proie, qu’ils rattrapent au vol. Ils attrapent tout ce qu’ils peuvent, depuis les ver, jusqu’aux poissons, oiseaux et petits mammifères. Ils peuvent aussi se nourrir des cadavres d’animaux que la mer rejette sur la côte.

Le Fulmar boréal est actif de jour durant la nidification (contrairement à ses congénères). Les jeunes crachent un suc gastrique nauséabond pour se protéger des intrus !

De gauche à droite : Fou de Bassan adulte (en blanc) et juvénile (noir tacheté) – Pingouin torda – Guillemots de Troïl – Macareux moine

Les problématiques hivernales rencontrées

L’Hiver, de nombreuses problématiques s’offrent aux oiseaux marins, ce qui explique leur accueil.

Lors de tempête durant plusieurs jours, les oiseaux marins, qui ne peuvent pas s’abriter, se retrouve confronter à deux solutions : soit ils se posent en mer et dérivent à cause du vent – c’est comme ça qu’on retrouve parfois des oiseaux d’Amérique sur les côtes européennes ! –, soit ils restent en vol et se fatiguent. D’où l’important nombre d’oiseaux marins retrouvés sur les plages, exténués, après des tempêtes. Il serait donc judicieux de rester attentifs lors de vos promenades sur la plage.

Lors des tempêtes, les contrôles en mer étant moins fréquents, les navires en profitent pour vidanger ou nettoyer leurs cuves en mer. Or, certains oiseaux marins plongent allègrement en quête de bancs de poissons, ce qui peut leur être fatal : l’oiseau plonge sans s’en rendre compte dans des nappes de pétrole ou autres hydrocarbures résiduels. Et malheureusement, une tâche de mazout rend le plumage non étanche ce qui entraine l’hypothermie et une impossibilité de nager et de pêcher. De plus, cela peut entrainer une intoxication si l’oiseau s’essaie à se nettoyer.

Les déchets flottants et dérivants sont aussi source de blessures pour les oiseaux. Les hameçons, leurres ou filets sont avalés ou piqués dans les ailes ou l’œsophage. Des captures accidentelles dans les filets maillants sont malheureusement fréquentes où les oiseaux meurent noyés. Les morceaux de plastique ingérés créent des occlusions.

La surpêche crée un manque de ressources alimentaires, ce qui met réellement en danger les oiseaux marins, qui se nourrissent presqu’exclusivement de poissons. A Hegalaldia, nous pouvons voir une évolution. Un guillemot recueilli en 2006 pesait en moyenne 850 grammes. Mais aujourd’hui, c’est une moyenne de 650 grammes.

Les oiseaux marins sont des espèces très difficiles à soigner en temps normal, car ressentant beaucoup de stress en captivité. Ils dépriment et se laissent parfois même mourir. En hiver, nous pouvons donc accueillir des oiseaux marins cumulant les causes d’accueil présentées précédemment, ce qui rend les soins assez compliqués.

Lors de tempêtes, n’hésitez pas à ouvrir l’œil et si vous remarquez un oiseau en difficulté. Plus vite l’oiseau sera récupéré par un centre de soins, plus il aura de chance d’être relâché !

« Facile2Soutenir » une association !

En raison des circonstances actuelles et en vue des fêtes de fin d’année qui approchent à grands pas, que diriez-vous si l’on vous proposait de venir en aide à notre association tout en faisant vos commandes sur internet ? Et le tout sans payer davantage !

En effet, « Facile2Soutenir » donne un sens plus humain à vos commandes. Il s’agit d’une application vous permettant de venir en aide à l’association de votre choix tout en faisant vos achats sur internet. Cette application peut être installée sur votre navigateur web ou même sur vos tablettes et smartphones. Elle est très simple d’utilisation et vous prévient lorsque vous êtes sur l’un de ses 500 sites partenaires. Lorsque vous effectuez un achat sur l’un de ces sites, un pourcentage de cet achat est transformé en don pour l’association que vous aurez choisie. 😉

Cela ne vous coûte rien de plus que l’achat initial et vous permet d’aider des associations comme Hegalaldia par exemple. 🦔

Voici une courte vidéo explicative :

Nous vous proposons aussi de cliquer ICI pour l’installation de l’application. ;)

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Un hiver plein de piquants

Hivernation ou Hibernation ?

Comme vous le savez, à chaque période de froid la nature s’adapte afin de survivre aux conditions climatiques plus rudes. Certains vont s’envoler vers des endroits où la température sera plus agréable pour eux, c’est ce que l’on appelle la migration. D’autres reviennent de régions froides pour venir sur notre territoire où la température y est plus clémente. Et pour finir, certains vont hiberner lorsque d’autres vont simplement hiverner. La différence entre ces deux processus réside dans le fait que l’hibernation est un gros ralentissement de l’organisme de l’animal, sa température va avoisiner les 0°C et il ne pourra pas se réveiller aussi facilement qu’un animal en hivernation qui lui devra non seulement avoir suffisamment de réserves de graisse pour survivre mais il devra se réveiller afin d’essayer de maintenir ces réserves.

C’est le cas du Hérisson d’Europe (Ericanus europaeus) !! Cette petite boule de piques est passée maitre dans l’art de se confectionner un lit douillet où il pourra hiverner sans désagrément. Ce petit mammifère va en effet prendre le temps de confectionner son nid pour l’hiver. Sa technique ? Eh bien il va réaliser un tas de feuilles d’herbes et de brindilles puis va se faufiler à l’intérieur, faire de tout petits bons et rouler sur lui-même afin de rendre son nid bien étanche.

Sa température et son rythme cardiaque et respiratoire baissent pour minimiser ses besoins en énergie. Son métabolisme basal peut être divisé par 100 ; il peut même rester jusqu’à 2 heures sans respirer ! Vivant sur les réserves de graisse constituées l’été précédent, il se réveille environ tous les 15 jours pour aller chercher à manger et déféquer.

C’est très important qu’il puisse avoir toutes les réserves nécessaires pour tenir car un hiver sans réserve, c’est un sommeil sans réveil. Notre centre de soins en recueille une grande quantité chaque année. La plupart ne seraient pas assez forts pour passer l’hiver dans la nature. Ce sont pour une grande partie des jeunes issus de la reproduction tardive. Sachez qu’une femelle peut mettre bas jusqu’à 2 portées par an !

C’est dans cette optique que nous comptons sur votre vigilance cet hiver afin de maximiser leurs chances de survie ! N’hésitez pas à contacter le centre de soins le plus proche de chez vous lorsque vous trouvez un hérisson en détresse. C’est une espèce protégée pas aussi facile à soigner que l’on ne pense !

Que faire si vous trouvez un hérisson mal-en-point ?

Il est parfois difficile de reconnaitre si un hérisson a besoin de soins ou non. Un petit retrouvé seul la nuit n’a rien d’inquiétant, il est surement entrain de suivre sa mère de quelques mètres mais vous ne pouvez pas l’apercevoir car elle s’est enfuie en vous voyant. Vous pouvez donc laisser le petit tranquille.

En cette période pré hivernale, il est important de connaître le poids de l’animal pour savoir s’il pourra survivre à l’hivernation (dans le cas où il n’a plus de mère). S’il pèse plus de 450 grammes, vous pouvez le relâcher. S’il pèse moins de 450g, contactez le centre de soins le plus proche pour voir ensemble ce que vous pouvez faire par la suite.

Avant de manipuler l’animal, portez soigneusement des gants car celui ci peut être porteur de maladie et les piquants pourraient vous blesser.

Que faire pour aider les hérissons de votre jardin ?

Les hérissons adorent se cacher ! Il faut donc leur créer ces cachettes dans un endroit calme et surtout faire en sorte que ce soit étanche. Faites également attention à vos clôtures car les hérissons se coincent souvent dans les trous des grillages et meurent d’épuisement.

Vous pouvez prendre exemple sur nos aménagements via la photo ci-après. Mais attention, les hérissons ne sont la propriété de personne et il ne faut pas les garder en captivité, ils ont besoin de beaucoup d’espace pour s’épanouir et iront volontiers de jardins en jardins.

Il vous est également possible de leur offrir une aide alimentaire pendant la période la plus froide l’hiver. Une simple gamelle de croquettes pour chat suffira à constituer un apport en nourriture suffisant. Attention cependant à n’utiliser que des croquettes à base de viande et/ou de poulet. Toute nourriture à base de lait ou de poisson sera à proscrire ! N’oubliez pas non plus qu’une coupelle d’eau peu toujours s’avérer utile (pas seulement pour le hérisson).

 

La migration hivernale

Balbuzard pêcheur en vol

On y est, c’est le moment pour les oiseaux migrateurs de se préparer pour leur grand voyage. Ceux-ci ont pu profiter du printemps et de l’été pour élever leurs jeunes, ainsi que des jours longs avec une température agréable de la saison estivale. C’est désormais un grand périple de quelques milliers de kilomètres pour certains qui les attend. La majorité va rejoindre la chaleur des pays du « Sud » pour y passer l’hiver et d’autres vont arriver chez nous !

Le grand départ de la migration

C’est en automne que la plupart des oiseaux migrateurs nichant en Europe s’en vont !  Ceux-ci ont en quelque sorte une horloge interne qui leur dit quand partir. C’est en fait une hormone, la mélatonine qui en augmentant, déclenche le départ. Pour la majorité des espèces, le moment du départ sonne lorsque leur habitat n’est plus assez riche en nourriture, que le climat devient trop rigoureux et/ou que la durée du jour par rapport à celle de la nuit diminue.

Il est important de savoir que tous les oiseaux ne sont pas migrateurs. En effet, certains sont sédentaires et d’autres migrent partiellement. Le Moineau domestique par exemple, trouve de la nourriture dans nos villes et villages en abondance, donc pour lui, la migration devient inutile, il est donc très sédentarisé. A l’inverse, le Balbuzard pêcheur va mettre 40 jours pour atteindre sa zone d’hivernage, c’est donc un grand migrateur !

Dans un premier temps, chaque individu devra faire des réserves qu’il va stocker en graisse et en muscle afin d’être plus vigoureux. Certains peuvent doubler leur poids! Cette période dure environ deux semaines. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ces oiseaux ont un plan de vol dans la tête inscrit dans leurs gênes depuis des générations ! Ils choisissent leur altitude en fonction de la météo, volent en fonction du vent et de la température. Sachez aussi qu’ils ont une sorte de boussole interne qui leur permet de s’orienter !

Pour la Huppe fasciée, le départ en migration post-nuptiale est précoce : dès le mois d’août, des attardés pouvant être observés jusqu’en octobre.

Les retours sont à prévoir au printemps, beaucoup arrivent fin mars. Sachez tout de même que chaque individu est différent, même au sein d’une même espèce, certains arriveront plus tard que d’autres, on observe des retours jusqu’à la fin du mois de mai.

Huppe fasciée au sol

Mais où vont-ils ?

La plupart des individus quittant l’Europe pour l’hiver vont en Afrique, beaucoup au Maghreb mais certains vont jusqu’à traverser le Sahara pour rejoindre les tropiques et même l’extrême-sud ! Il existe bien évidemment de nombreuses exceptions comme le Pouillot verdâtre par exemple qui lui va en Asie. C’est une migration qui emprunte des axes complètement différents. Nous avons aussi des oiseaux qui restent en Europe. Ils descendent seulement jusqu’au sud de l’Espagne comme certaines Cigognes blanches, dont une partie de la population a été sédentarisée par maintien en captivité et suppression de l’instinct migratoire. C’est la raison pour laquelle on peut en voir l’hiver en Europe. Cette sédentarité a été favorisée par un réchauffement global du climat donnant des hivers plus doux et par l’existence de centres d’enfouissement techniques où les oiseaux trouvent une nourriture artificielle qui leur convient tant bien que mal et leur permet donc de survivre.

Sachez de plus que d’autres espèces comme certains échassiers et anatidés hivernent chez nous en France, le climat y étant doux et adapté ! Ces derniers descendent ainsi de l’Europe du Nord et de l’Est. Certains Faucons émerillons par exemple, dès octobre, vont quitter la Scandinavie et l’ouest de la Russie pour hiverner en Europe Occidentale et jusqu’au nord du Sahara.

Pour échapper à l’hiver arctique rigoureux, les Pinsons du nord quittent leur site de nidification dès que les jeunes sont émancipés.

Faucon hobereau en migration

Le grand voyage

Durant leur voyage, ils seront confrontés à de nombreux dangers, c’est d’ailleurs la période où la mortalité est la plus élevée. Le climat peut aussi être redoutable : un oiseau marin peut, durant son périple, rencontrer de nombreuses tempêtes, un passereau peut se retrouver désorienté à cause du vent… Et bien sûr le facteur humain avec les lignes électriques, la pollution, les déchets en mer, la chasse, les chiens, les chats, etc…

Un tel voyage ne s’accomplit pas sans pauses. Certains oiseaux, comme les martinets, font à peu près 100 km par jour, et d’autres ont un record de 300 km à 600 km par jour ! Naturellement ils doivent s’arrêter pour se reposer et surtout pour trouver de la nourriture. Les oiseaux qui se nourrissent d’insectes, passent plusieurs heures à leur recherche. Par mauvais temps, et surtout dans le brouillard, ils doivent s’arrêter dans un endroit quelconque quelques jours et ainsi poursuivre leur voyage pour l’Afrique tropicale, pendant plusieurs mois ! Leur séjour dans leurs quartiers d’hiver ne dure que quelques semaines, après quoi ils se préparent au voyage de retour vers leur lieu de nidification.

Les distances parcourues dans leurs migrations sont incroyables. Les Faucons hobereaux, qui volent jusqu’en Afrique du Sud, parcourent 10 000 km au printemps de même en automne pour le retour ! Grâce à l’instinct de couver, le retour vers les nids est généralement plus rapide!

Certaines espèces volent en nuées qui obscurcissent le ciel. Mais beaucoup de petits oiseaux volent individuellement, ou en petits groupes qui passent inaperçus. Certains comme les corvidés migrent de jour, d’autres comme les hirondelles, voyagent surtout de nuit. Tandis que d’autres ne marquent pas de préférence.

Parmi les oiseaux qui volent en groupe, certains affectent des formations particulières, par exemple en V ou en lignes obliques, ceux de devant brisant l’air pour ceux qui suivent, les oiseaux se relayant dans le rôle de conducteur.

Les oiseaux voyagent à des altitudes diverses, allant de 30 à 100 mètres pour la plupart des rapaces. Cela peut évidemment varier selon s’ils ont à franchir une montagne par exemple.

Grues cendrées en vol migratoire

Comment se dirigent-ils ?

Il est étonnant de voir que les oiseaux trouvent toujours leur chemin, même quand ils reviennent d’aussi loin que l’Afrique du Sud. Sachez qu’il en est de même pour leur premier voyage ! Il semblerait alors que ces oiseaux aient un sens inné de l’orientation à longue distance !

Une théorie voudrait que les oiseaux soient influencés par le champ magnétique terrestre, si bien qu’ils soient capables de distinguer les différents points de l’espace. Des expériences complexes, surtout avec les Pigeons voyageurs, n’ont pas prouvé la justesse de cette théorie. Les instruments modernes ont révélé que ce champ magnétique n’avait qu’une faible influence sur les animaux.

La dernière théorie est celle qui propose que les oiseaux volent grâce à la lumière, ou plutôt grâce à la position du soleil, de la lune et des étoiles. Cette théorie a été étayée par des expériences avec beaucoup d’oiseaux. Des étourneaux captifs placés dans une volière ronde volaient dans la même direction que s’ils migraient, étant capables de s’orienter uniquement d’après le ciel qu’ils voyaient de leur cage. Quand la position du soleil était altérée par un arrangement convenable de miroirs, les étourneaux accomplissaient les changements correspondant dans leur position. Des équipements avec radar ont également montré que beaucoup d’oiseaux migrent en accord avec la position des étoiles. Les oiseaux peuvent s’orienter d’après la position du soleil, même quand le ciel est couvert, mais pas dans un brouillard épais.

Pour repérer l’endroit où faire leur nid, et ses environs, les oiseaux trouvent leur chemin surtout par leur mémoire des accidents du terrain. Beaucoup d’oiseaux se déplacent en circuits réguliers, qui sont fixés dans leur mémoire. Les jeunes oiseaux restent d’habitude quelque temps avec leurs parents, pour apprendre ce que sont les environs du nid. Ceci, toutefois, n’explique pas complètement le mystère de l’orientation. Des oiseaux capturés près de leur nid et relâchés à plusieurs kilomètres de là retournent au site de leur nid, et ils ne peuvent pourtant pas connaître le paysage à une telle distance. Un étourneau emporté par avion à 341 km au nord de son nid y est retourné en quelques jours. Repris et emmené à 500 km au sud de son nid, il y est revenu dans l’espace de cinq jours. Il est évident donc que l’orientation à longue distance n’est pas limitée à la migration. Ce sens est aussi développé chez les oiseaux sédentaires qui restent sur leur territoire toute l’année. On admet donc que leur connaissance du paysage ne va pas plus loin que ce qu’ils peuvent en voir en une heure de vol, et que, si on les emmène plus loin, ils ne peuvent, pour revenir à leur nid, que se fier au soleil.

N’hésitez pas à observer ces nombreux oiseaux migrateurs depuis des zones dégagées comme le col d’Organdibexka, col pyrénéen français et site majeur pour l’observation des passages migratoires des rapaces diurnes, des grues, des cigognes et des Pigeons ramiers.

Cigogne blanche en vol

Les petits « vampires » de notre région

Ces dernières semaines, les chauves-souris ne manquent pas au centre de soins. Depuis début juin c’est plusieurs dizaines de Pipistrelles communes qui nous ont été confiées. Chaque année en période estivale, nous recueillons ainsi de jeunes chauves-souris non sevrées que nous devons allaiter jusqu’à temps qu’elles puissent manger des insectes en autonomie.

La chauve-souris est un animal qui fait encore peur à bon nombre d’entre nous notamment à cause de ses petites dents pointues! Pourtant, ce mammifère aussi appelé chiroptère est un animal fragile, qui est donc loin de l’image du monstre sanguinaire auquel on l’associe souvent! C’est d’ailleurs l’un des animaux les plus utiles à l’homme!

Caractéristiques générales

La chauve-souris, qui est une espèce protégée, appartient à la classe des mammifères et en a donc toutes les caractéristiques. Elle est recouverte de poils, est vivipare et allaite ses petits. Les chauve-souris ont toute fois des particularités biens à elles. En effet, celles-ci sont dotées d’ailes leurs permettant de voler de manière active. C’est le seul mammifère ayant cette capacité ! Une autre particularité est la grande quantité de niches écologiques. Elle est le seul mammifère à posséder autant d’espèces différentes avec des régimes aussi variés. Il en existe des insectivores, des carnivores, des fructivores… Bref, il y en a pour tous les goûts !

Elles possèdent des ailes composées de longs doigts qui pourraient s’apparenter à une main, tous reliés par des ligaments élastiques. Les bras ainsi que les jambes de l’animal sont donc tous reliés par ces ligaments, ce qui lui donne cette capacité de vol si exceptionnelle.

La plupart des chiroptères, comme la Pipistrelle commune, que l’on retrouve par chez nous, sont de véritables poids plume. Le plus petit mammifère du monde est d’ailleurs la chauve souris bourdon qui pèse 3g et est originaire d’Asie du Sud Est. Pourtant, il existe un genre de chauve souris pouvant atteindre 1.5kg pour une envergure de 1m70 environ! Mais pas de paniques, on ne les trouve pas dans nos régions !

En ce qui concerne sa durée de vie, certains individus peuvent dépasser les 35 ans !! Elles ont donc une longévité bien plus élevé que la plupart des mammifères de leur gabarit.

Il est possible de classer les chauves souris en fonction de la morphologie de leur tête. En effet, il existe les Mégachiroptères, avec de grands yeux et de petites oreilles et les Microchiroptères, avec de petits yeux et de grandes oreilles.

Petite anecdote: il est possible d’identifier ces différentes espèces grâce au pénis du mâle, en effet ces derniers peuvent être plus ou moins velu ou courbé, ce qui s’avère être un critère d’identification très fiable. Étrange non ?

Comportement

Durant l’année, les chauve-souris peuvent parcourir un grand nombre de kilomètres. C’est ce que l’on appelle la migration. En effet, chaque année, elles vont retourner au même endroit. En automne, durant leurs périples pour se rendre à leurs gîtes d’hiver, et selon l’espèce, ce sera la période de reproduction où mâles et femelles vont se retrouver.  Les femelles s’accouplant à cette période-là ne sont pas fécondes. Elles vont alors conserver les spermatozoïdes dans leurs organes reproducteurs jusqu’à l’année suivante. Ce n’est qu’à la sortie de son sommeil hivernal que la femelle sera gestante. Avec ses congénères, elle va se rendre au gîte d’été afin de mettre bas et d’élever son petit parmi les autres nouveau-nés.

Vivant en nombre, au moment de la mise-bas et de l’élevage de leurs petits, les femelles se regroupent et forment ce que l’on appelle, une maternité. Leurs nombre va dépendre de l’espèce. Si l’on prend l’exemple de notre Pipistrelle commune, durant cette période, elle regroupe en général entre 50 et 100 individus par maternité. Le fait de se regrouper présentent des avantages mais aussi quelques inconvénients comme l’échange de parasites, mais en hiver, elles se réchauffent entre elles.

En été, les chiroptères vont préférer se nicher dans des endroits chauds comme des greniers ou des charpentes. Mais étant des opportunistes avérées, fissures et tas de bois leurs conviennent. Durant cette période, elles vont chasser la nuit et prendre du poids. Pendant les périodes froides, elles vont préférer les endroits frais comme des grottes. Ainsi, elles vont pouvoir hiberner entre 3 et 5 mois et survivre grâces aux réserves qu’elles auront accumulées durant l’été.

Pour communiquer, elles utilisent leur système d’ultrasons qu’elles émettent par des petits cris représentant des signaux sociaux. Elles utilisent aussi ce système pour chasser. Certaines vont attraper pas moins d’une centaine d’insectes par nuit! C’est un véritable insecticide naturel !

Quelques espèces que l’on peut retrouver par chez nous:

  • Pipistrelle commune

Il s’agit ici de la plus répandue en France. C’est également la plus petite chauve-souris d’Europe. En effet, elle est brune aux oreilles triangulaires. Son pelage dorsale est brun-roux et plus jaunâtre sur le ventre. La peau des ailes est noire. Leur poids à l’âge adulte avoisine les 5 grammes seulement. C’est dire si les pipistrelles sont de petites choses fragiles!

Cette petite chauve-souris n’est pas difficile à loger, elle peut vivre dans les villages et les grandes villes, mais aussi dans les parcs, jardins et les forêts. Elles vivent en colonies de 20 à plusieurs centaines d’individus, en colonies de reproduction.

C’est un animal qui aura une période d’hibernation. La pipistrelle va partir dans le sud pour hiberner de la mi-novembre à mars. La plupart d’entre elles vont se réfugier dans des grottes. Leurs période de reproduction a lieu en avril tandis que la mise-bas a lieu entre la mi-juin et début juillet. Les petits naissent totalement nus et vont rester accroché à leur mère jusqu’à leur quatrième semaine.

  • Grand rhinolophe

Ses ailes et ses oreilles sont gris-brun clair, son dos plutôt gris-brun à roussâtre et son ventre gris-blanc à jaunâtre.

La particularité de cette espèce est qu’elles vont se regrouper sous forme d’essaims qui vont être plus ou moins serrés selon la température. Pour s’endormir, elle s’enveloppe dans ses ailes.

Le Grand Rhinolophe fréquente les milieux souterrains l’hiver et les combles de bâtiments en été.

  • Oreillard gris

Espèce de taille moyenne, qui se reconnait facilement par leurs grandes oreilles, caractéristiques du genre. Elles sont presque aussi longues que le corps, se touchant à la base. Les bords antérieurs sont élargis et garnis de soies.

En hibernation, elles replient leurs oreilles contre leur corps et les protègent derrière les avant-bras de leurs ailes.

Les yeux sont assez grands et le museau élargi, avec 2 renflements au-dessus de la truffe.

  • Sérotine commune

C’est une espèce qui fait la taille d’une main de jeune enfant (jusqu’à 10cm !)

Ses oreilles sont courtes et triangulaires, de couleur noire. Le museau est également noir et les ailes sont brun noir. Longs, les poils sont brun foncé sur le dos, luisants à l’extrémité, alors que le ventre est plutôt jaunâtre.

Attention, certains individus appartenant à cette espèce de chiroptère sont potentiellement porteurs de la rage. Lorsque nos soigneurs en reçoivent au centre (environ 5 individus par an), un protocole minutieux est mis en place afin de se protéger.

Malheureusement, les Chauves-souris subissent les conséquences de la vie humaine via une diminution des ressources alimentaires due aux pesticides et à l’emploi d’antiparasitaires sur le bétail, diminution des zones de pâture, dérangement et destruction des gîtes.

Que faire si vous trouvez une Chauve-Souris ?

Tout d’abord, vous pouvez nous envoyer une photo pour identifier l’espèce et reconnaître si c’est une adulte ou une jeune, car face à la diversité des espèces certaines sont si petites qu’on pourrait penser que ce sont des bébés.

Dans le cas où c’est un bébé, sa meilleure chance de survie est de retourner avec sa mère. Pour se faire, il est nécessaire d’effectuer l’opération suivante :

  • Se munir d’une chaussette en laine fine, d’un verre et d’un plat à bords lisses et hauts.
  • Enfiler la chaussette sur le verre puis bourrer le haut de la chaussette à l’intérieur du verre
  • Placer le tout au milieu du plat
  • Au crépuscule, poser la petite chauve-souris sur la chaussette et placer le plat en hauteur, hors d’atteinte des chats, au plus près de la sortie de la colonie ou de l’endroit où vous l’avez trouvée.

Dans le cas où c’est une adulte, vous pouvez, en la manipulant avec soins et avec des gants, la replacer derrière un volet au moment du crépuscule.

Il est important pour les découvreurs de connaître certaines mesures devant être prises lorsque l’on se retrouve face à ce petit mammifère. En effet, la Chauve-souris est connue comme étant porteuse de la rage. Une morsure ou bien une griffure sur une plaie pourrait avoir de sérieuses répercussions. Il est donc nécessaire de les manipuler avec précautions en portant des gants. Un animal porteur de la rage aura les symptômes suivants:

  • envie de mordre
  • bave autour de la gueule
  • sensibilité à la lumière

En cas de doute et/ou si vous souhaitez être conseillés, n’hésitez pas à appeler au centre de soins au 05.59.43.08.51.

Vautours fauves, des débuts difficiles

Nous voici arrivés en été, après plusieurs mois à grandir sur leur falaise, les jeunes vautours s’élancent pour la première fois dans les airs…

Eh oui, la saison estivale est également appelée la « saison vautour » par les soigneurs du centre de soins. Dans les semaines à venir, nous nous préparons à recevoir de nombreux coups de téléphones pour nous informer d’éventuels vautours en difficulté. Entre la mi juillet et la mi septembre, c’est chaque année entre 50 et 60 Vautours fauves en perdition qui sont ainsi recueillis sur le centre de soins. Mais avant d’aller plus loin, apprenons en davantage sur cette espèce…

La ponte

Ce qui est notable à première vue chez notre ami, c’est sa taille considérable. Vous vous en serez douté, l’élevage d’un jeune vautour est par conséquent bien plus long que celui d’un petit passereau comme on en voit dans nos jardins. Et vous ne croyez pas si bien dire ! Chez le Vautour fauve, les premières pontes peuvent avoir lieu dès la fin décembre. Cela bien sûr après une brève parade nuptiale (aussi appelé « vol en tandem ») ainsi que la confection d’un nid. Nos amis ont un planning chargé, il est donc de bon augure de s’y prendre de bonne heure. ;)

L’éclosion

Ce n’est qu’après plusieurs mois de couvaison (parfois dans des conditions climatiques rudes) que le petit percera sa coquille. L’éclosion des œufs intervient généralement à la mi mars. Entre la ponte et l’éclosion, les deux parents se seront ainsi relayés pour couver leur progéniture jusqu’à ce qu’elle voit le jour. Inutile de préciser qu’au moment de l’éclosion, notre jeune vautour n’est alors qu’un jeune poussin recouvert d’un léger duvet, ses parents devront encore le protéger du froid et du soleil pendant quelque temps.

L’élevage

Le plus dure reste à faire pour les parents. Leur unique petit d’à peine 200gr devra en peser pas moins de 7kg pour s’envoler et débuter sa vie de grand planeur. Ils vont donc devoir travailler ardemment pour protéger le petit des conditions climatiques tout en l’alimentant fréquemment en nourriture régurgitée. Le petit pourra ainsi grandir progressivement au coté de ses parents. Ce n’est qu’après plusieurs mois de croissance rapide qu’il attendra son poids et sa taille idéals l’été venu.

Deux jeunes juste sortis du nid

L’envol

C’est ainsi que nous sommes de retour au mois de juillet ! Le jeune est dorénavant bien portant. Son poids avoisine les 7kg, son envergure les 2m50, et ses ailes commencent à le fourmiller. L’heure du grand saut a sonné. Notre jeune ami doit alors s’élancer dans les airs depuis le petit bout de falaise qui l’a vu naître. Sa mission, étendre les ailes et attraper un courant d’air ascendant qui lui permettra de gagner en altitude sans avoir à battre des ailes. Si tout se passe bien, ce jeune vautour pourra arpenter les airs et les plaines en compagnie de ses parents. Jusqu’à ce que ce dernier soit autonome et puisse vivre sa propre expérience.

La chute

Eh oui car c’est là qu’intervient Hegalaldia. Car tout ne se passe pas toujours au mieux, et il arrive que certains jeunes ratent leur premier envol et privilégient l’atterrissage en catastrophe. Pas de panique, cela peut arriver. Le jeune n’aura alors qu’à retrouver un point haut grâce à ses pattes musclées pour se ré-envoler. Malheureusement pour lui, ses grandes ailes manquent encore un peu de muscles pour lui permettre de redécoller du sol, alors il arrive que des fois, les jeunes vautours se retrouvent bloqués sur le plancher des vaches…

Vautour sur la route, vautour dans le jardin, vautour dans la Nive ou même aux Gorges de Kakuetta… voilà le quotidien de notre équipe en saison estivale. Nous nous tenons disponibles pour intervenir à tout moment afin de capturer les jeunes en situation périlleuse. Ces jeunes vautours sont ainsi auscultés au centre de soins pour mettre en avant les éventuelles blessures causées par la chute. Des soins adéquats leurs seront prodigués par nos soigneurs.

Intervention dans les Gorges de Kakuetta

Mais rassurez vous, dans la plus grande majorité des cas, ces petits vautours souffrent plus de peur que de mal. Et c’est après quelques jours de réhabilitation en volière extérieure, après s’être un peu musclé les ailes et avoir appris à se quereller pour se nourrir, qu’ils seront relâchés dans la nature pour leur seconde tentative.

Jeune Vautour fauve accueilli en soins

Le Martinet noir

Une hirondelle ?! Un avion de chasse ?!

Eh non ! Bien qu’il soit d’une forte ressemblance avec l’hirondelle de par sa silhouette, il s’agit ici du Martinet noir !

Petite présentation de cette espèce souvent méconnue et confondue.

Caractéristiques générales

Il possède une grosse tête, de longues ailes pointues ainsi qu’une envergure d’environ 45cm et pèse entre 38 et 45g. De plus, cette espèce n’a pas de dimorphisme sexuel et est habillée d’un plumage noir, plus clair au niveau de la gorge.

Leur espérance de vie est d’environ 10 ans et peut s’étendre jusqu’à 20 ans !

Cette espèce est urbaine et niche du centre des villes aux bâtiments industriels, dans les constructions ou sous les toits. Il garde le même endroit chaque année ! Cependant l’oiseau a su parfaitement évoluer et changer d’habitat alors qu’il se situait initialement dans les milieux naturels tels que les falaises ou les trous d’arbres.

Comportement

Son super pouvoir ? Il vit en volant ! Grand migrateur énergique, il est reconnu pour ses grandes performances dans le ciel lui permettant de résister aux conditions climatiques difficiles. Son vol est direct et rapide d’une vitesse moyenne de 50 à 60 km/h allant jusqu’à plus de 100 km/h ! Il utilise le vol plané afin d’économiser son énergie. Nous pouvons observer des poursuites bruyantes entre les individus. Il peut aussi s’endormir en vol, rester en altitude élevée la nuit et redescendre le matin. Néanmoins celui-ci se retrouve très maladroit au sol, handicapé de ses longues ailes.

Les Martinets se nourrissent d’insectes volants, petits animaux et chassent au-dessus des eaux. Notamment des insectes de la famille des diptères, hyménoptères et évitent bien évidemment les guêpes et les abeilles ! Enfin, pour nourrir les jeunes individus, le jabot peut accueillir jusqu’à 1000 proies !

Les premiers individus sont de retour vers mi-avril jusqu’en mai en climat tempéré et repartent en migration vers le sud dès la fin du mois de juillet pour un voyage de 3 mois ou plus. Concernant sa reproduction, le Martinet est monogame et reste avec son partenaire à vie, sa période de nidification s’étale de mai à août.

Il construit son nid de ses diverses récoltes dans les espaces confinés, atteignables en vol. Les nids sont habités de 1 à 4 œufs dont l’incubation dure une vingtaine de jours, la couvaison étant alternée par les deux parents la journée. Les jeunes restent alors environ 40 jours au nid.

Dangers

Malheureusement, suite à la baisse des populations d’insectes, les ressources alimentaires sont en baisse et il devient de plus en plus difficile pour l’oiseau de se nourrir.

Si un des jeunes tombe au sol, les parents l’abandonnent faute de pouvoir s’en occuper. Le plus souvent à cause de l’excès de chaleur sous les toits, lieu de nidification privilégié. Dans ce cas il est nécessaire de contacter le centre de soins le plus proche. Petite exception, les adultes qui se retrouvent au sol ne peuvent bien souvent plus décoller. N’hésitez pas à les relancer !

Voilà ! Vous en savez maintenant plus sur ces fameux oiseaux que vous voyez chaque année !

Attention en jardinant !

Avis aux jardiniers amateurs ! Avec le retour des beaux jours, vous êtes nombreux à vouloir vous occuper de votre jardin. Celui-ci grouillant de vie en cette saison comme vous l’aurez très certainement constaté. Cependant, quelques règles s’imposent afin de préserver la faune sauvage qui l’occupe. Petit tour d’horizon de quelques conseils qui peuvent littéralement sauver des vies.

Tendez l’oreille.

Votre jardin est normalement très animé en cette saison. Profitez-en pour écouter tous ces bruits et percevoir la présence d’éventuels oisillons.

Des cris répétitifs étant la caractéristique principale à retenir. Dans ce cas, visualisez et localisez leur nid afin d’éviter tout dommage.

Préférez les outils manuels.

De nos jours, les outils manuels se font rares. Et pourtant ils n’ont pas à rougir face à leurs homologues modernes. Etant au final bien souvent plus économiques, ils vous permettent également davantage de précision et un travail de meilleure qualité. Le tout dans un silence qui ravira aussi bien votre voisinage que nos petites boules de poils ou de plumes.

En somme, en échange d’un peu d’huile de coude vous réduisez plus que fortement les nuisances sonores et celles envers la vie de votre jardin.

Inspectez les habitats naturels.

Le premier conseil portait sur l’ouïe, celui-ci est tout aussi important et concerne l’habitat naturel de la faune sauvage de votre havre de paix. On retrouve alors 3 types de principaux habitats :

Le premier est le sempiternel tas de feuilles que nous avons tous au moins une fois vu dans un jardin. Si vous voulez l’éliminer il faudra entre-autres vérifier la présence d’hérissons, espèce friande de ce genre d’habitat. Pensez à également vérifier leur présence dans votre pelouse avant de tondre.

Ensuite, le deuxième type est souvent source de problèmes en cette saison vis-à-vis des nids : Les haies. En effet, évitez de tailler les haies entre le 15 mars et le 31 juillet durant la période de nidification et de reproduction.

Enfin, il en va de même avec le troisième type d’habitat : Les arbres. Comme les haies, évitez de les tailler ou de les abattre d’avril à juillet. Vérifiez également la présence d’Écureuils roux dans vos arbres, histoire de ne pas devoir amener à votre centre de soins le plus proche plusieurs petits séparés de leurs parents après une chute de plusieurs mètres suite à un élagage ou un abattage. Votre conscience ne s’en remettrait pas ! ;)

Nous espérons donc que ces précieux conseils vous seront utiles en cette belle saison. De trop nombreux appels et arrivées nous proviennent suite à simple manque de connaissances de ces consignes élémentaires. Alors n’hésitez pas à les partager au plus grand nombre !

Mœurs et coutumes du chevreuil

 

Vous en avez très certainement tous déjà observé, aujourd’hui nous allons vous parler des chevreuils ! Petit tour d’horizon de cette espèce qui occupe toute l’Europe.

Carte d’identité

Le chevreuil a des caractéristiques qui lui sont propres. C’est le plus petit des cervidés européens ! Sa hauteur au garot oscille entre 60 et 80 cm, et sa longueur totale va de 1 à 1.25m. Son poids, lui, peut aller de 20 à 25 kg selon le sexe. D’ailleurs, on appelle Chevrette la femelle et Brocard le mâle. Seul celui-ci possède des bois. Les petits, eux, sont des faons. La détermination de l’âge est impossible, hormis pour les jeunes de moins de 1 an pour qui le comportement et la morphologie sont des signes distinctifs. Enfin, leur pelage est livrée durant les premières semaines de la vie du faon, roux ou fauve en été pour les adultes et gris en hiver. La mue de printemps débutant en avril/mai et la mue d’automne en octobre.

Alimentation

Concernant son alimentation, le Chevreuil est difficile ! Il est très sélectif et cherche la nourriture la plus riche et diversifiée. En milieu forestier, les rameaux et les feuilles de végétaux ligneux et semi-ligneux constituent ses principaux aliments. Les feuilles des végétaux ligneux sont consommées au printemps et en été, en phase végétative. On y trouve du chêne, du charme, de l’orme, des érables et des cornouillers. Les feuilles des végétaux semi-ligneux, elles, sont consommées toute l’année. Principalement du lierre, des ronces, de la callune, de la myrtille, de l’airelle et des framboisiers. Des résineux comme les sapins ou les pins maritimes peuvent également servir de nourriture. La consommation régulière de plantes herbacées est également de la partie. Elle reste faible, sauf au printemps en période de redémarrage de la végétation où elle présente une haute digestibilité et une forte valeur nutritionnelle. Enfin, en milieu agricole, les chevreuils de plaine consomment des céréales d’hiver, du colza, de la luzerne, des betteraves et recherchent également de la nourriture dans les milieux boisés subsistants.

Activité

Les chevreuils ont un rythme polyphasique. Leur cycle journalier comprend entre 6 et 12 phases d’activité dont 2 plus fortes au lever du jour et à la tombée de la nuit.

Organisation sociale et spatiale

Chez cette espèce, la cellule familiale forme leur organisation sociale. Elle est composée de la chevrette et des jeunes de l’année qui accompagnent progressivement la mère dans ses déplacements. La cohésion étant très élevée en août, pour diminuer en mars/avril de l’année suivante jusqu’à éclater en mai. Deux cas de figure se présentent alors : Si la population n’occupe pas la totalité de la surface, on observe une rupture de la liaison mère/jeune avec une dispersion des jeunes favorisée. Ils quittent leur territoire de naissance à la recherche d’un domaine personnel pendant 6 à 12 mois. Enfin, si la population est dense dans un habitat, on constate une installation des jeunes sur ou à proximité du domaine maternel. Ce comportement est de plus en plus favorisé par la pression sociale. Cette philopatrie est plus marquée chez les femelles, on peut la définir comme des groupes d’effectifs croissants d’individus apparentés. La réduction de la taille du domaine vital et la baisse de l’agressivité vont alors voir augmenter les contacts entre individus. Entraînant donc une réorganisation sociale et spatiale en réponse à des variations de densités afin d’ajuster la population à son environnement.

Domaine vital

En Automne et en hiver les mâles et les femelles occupent 20 ha forestiers et 100 à 150 ha agricoles. On observe alors une abondance et une répartition des ressources à cette période. Au printemps et en été, les facteurs sociaux sont déterminants. Les mises bas ont lieu en mai et la non mobilité du faon entraîne alors une réduction du domaine vital des femelles adultes. L’augmentation de la mobilité des faons en juillet et en août entraîne une augmentation du domaine vital de quelques hectares en mai/juin à 20 ha en juillet et en août. Enfin, les mâles adultes sont quant-à-eux territoriaux de mars à fin août avec un domaine vital moyen de 35 ha délimité par des marquages visuels et olfactifs.

Reproduction

Concernant la reproduction, les chevreuils ont une maturité sexuelle de 12 mois pour les mâles et de 14 mois pour les femelles. Celles-ci ne devenant possiblement reproductibles qu’à partir de 20 kg de masse corporelle. Ils sont oligogame, un mâle a plusieurs femelles et leur moyen d’appariement, l’action d’unir un couple, est territorial. Les mises bas se font du premier mai au 15 juin avec 80 % des naissances de jeunes faons du 15 mai au 5 juin. Avec une moyenne de 2 faons par portée voire 3 au maximum, leur taux de survie varie considérablement, de 30 à 85 % selon le printemps de la naissance. En cause, la saturation de l’habitat et les conditions climatiques. Le poids des femelles influence beaucoup le nombre de petits, ce sera en moyenne 1 faon pour 20 à 22 kg et 2 faons de 22 à 25 kg. En ce qui concerne les adultes, le taux de survie moyen oscille à 85 % pour les mâles adultes et 95 % pour les femelles jusqu’à 7 ans. Après cet âge, le taux baisse considérablement.

Avertissement

Attention !!! Chaque année, de nombreux promeneurs croisent la route d’un faon qui leur semble abandonné, prostré au sol. Sachez que si vous le récupérez en croyant faire une bonne action, vous condamnez cet animal. Ne le touchez pas et passez votre chemin. Durant les premiers mois, il n’est avec sa mère que de courts moments. Il va rester immobile au sol pendant de longues heures pour éviter les prédateurs. Elle ne reviendra que pour l’allaiter ou le nettoyer, avant de repartir.

Nous espérons que vous en connaissez maintenant plus sur le Chevreuil ! ;)

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